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Lasagnes Findus : les limites du système

11 février 2013
lasagnes findus

11 février 2013

Cette affaire démontre plus que jamais la validité de nos revendications sur la nécessité de contrôles publics, de traçabilité et d’information claire des consommateurs, en particulier sur l’origine des produits.

La présence de cheval dans des lasagnes prétendument à la viande de bœuf fait aujourd’hui scandale, mais nous ne sommes pas surpris.

Dans un test de sandwiches au filet américain (2008), nous avions retrouvé de la viande de porc meilleur marché dans 42% des sandwiches du test. Près d’un échantillon sur 4 était composé pour plus de la moitié de viande de porc. Or, selon la loi, le filet américain doit contenir exclusivement de la viande de bœuf maigre. Les cas de fraude ne sont donc pas rares.

Les limites de l’auto-contrôle

Il y a une tendance au sein de l’Union européenne à privilégier l’auto-contrôle et l’autorégulation. Le cas d’espèce démontre qu’il faut être prudent à cet égard et que les contrôles indépendants par des autorités publiques performantes restent indispensables. Même chez les grands fabricants réputés, en l’occurrence une entreprise comme Findus, des fautes peuvent avoir été commises.

L’importance d’une bonne traçabilité

L’exemple des lasagnes Findus est excessivement parlant: une firme suédoise (Findus) fait fabriquer par une firme française (Comigel) qui sous-traite à une firme luxembourgeoise (Tavola). La viande vient bien de Comigel qui fait appel à une autre firme française (Spanghero) qui, elle-même, se fournit en viande en Roumanie. L’intérêt d’une bonne traçabilité est plus que jamais évident.

La nécessité d’informer sur l’origine des produits

Si le consommateur devait lire tout ce processus de fabrication sur l’étiquette, il serait autrement plus critique. Cette affaire démontre que notre revendication pour “une étiquette claire et honnête » est plus que jamais fondée, et particulièrement en ce qui concerne l’information sur l’origine des produits. On sait que les fabricants s’y opposent fortement, au détriment du consommateur.
Plus claire, plus concrète et plus spécifique sera l’information, mieux cela vaudra.

Une législation européenne à renforcer absolument.

La législation actuelle prévoit pour certaines denrées, essentiellement non-transformées dont la viande de bœuf, des règles spécifiques concernant l’indication de leur origine. De nouvelles règles européennes concernant l’information aux consommateurs sur les denrées alimentaires vont apparaître, mais elles ne sont pas suffisantes. L’indication d’origine doit aussi être prévue pour la viande, le lait utilisés comme ingrédient, les aliments non-transformés, les produits avec un seul ingrédient...

Autorités belges attentistes

Nous déplorons enfin l’attentisme et la communication du SPF Economie. Il faut ici rappeler que l’incident a commencé mi-janvier en Irlande mais que c’est seulement ce lundi 11 février que l’on a décidé d’examiner si oui ou non le marché belge était concerné.

Sur ces nombreux points, nous voulons plus et mieux pour éviter que ce type de scandale ne se reproduise indéfiniment.


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