L'alimentation et la santé sous la loupe de logo TA
News

Nanoparticules : demande d’interdiction de certains additifs

03 juin 2019

03 juin 2019
Les nanoparticules sont partout, y compris dans votre assiette. Certains additifs se présentent sous forme nano alors que des doutes subsistent quant à leur innocuité. Nous demandons l’interdiction du nanodioxyde de titane (E171), du nanodioxyde de silicium (E551) et des nanoparticules d’argent (E174) dans l’alimentation.

Dentifrices, crèmes solaires, médicaments, aliments, textiles, peintures, emballages… Les nanotechnologies se déclinent dans de nombreux produits du quotidien sans qu’on en connaisse réellement les risques, tant pour l’environnement que pour notre organisme. Il faut donc mieux réglementer leur utilisation afin de privilégier la sécurité. Pourtant, le principe de précaution appliqué par la France pour le dioxyde de titane, par exemple, n’est malheureusement pas (encore) suivi par d'autres autorités.

Une technologie très utilisée

En passant de leur taille habituelle à une taille infinitésimale (plus petites encore qu’un virus), les particules acquièrent des caractéristiques propres : l’argent devient antibactérien, l’or catalyseur, certains isolants conducteurs... Des capacités époustouflantes que l’industrie utilise à des fins technologiques pour alléger les matériaux, renforcer des couleurs, encapsuler des substances actives...

Mais, à l’heure actuelle, on a encore trop peu de recul sur le comportement, l’impact, la dangerosité de cette technologie... Il faut donc être prudent, surtout concernant notre nourriture.

Stop aux additifs E171, E551 et E174

Selon la législation européenne, un additif alimentaire ne peut être autorisé que si son utilisation est sûre, justifiée sur le plan technologique et si elle n’induit pas en erreur, mais au contraire, procure des avantages.

Or, d’importantes incertitudes scientifiques subsistent quant aux effets sur la santé et à la toxicité potentielle de l’additif E171 couramment utilisé. Lors de notre analyse, les 9 produits alimentaires contenaient des nanoparticules. Nous avons trouvé du nanodioxyde de titane (E171) dans des M&M’s, Freedent, petits fours massepain de Delhaize… et des nanoparticules de dioxyde de silicium (E551) dans du café Nestlé, par exemple.

Il n’existe pas non plus de besoin technologique justifiant l’utilisation du nanodioxyde de titane. La preuve en est que de nombreux fabricants de produits alimentaires sur le marché français sont en train ou l’ont déjà supprimé de leurs produits. Cet additif n’est en effet utilisé qu’à des fins esthétiques et ne procure aucune plus-value technique au produit.

C’est pourquoi nous soutenons le nouveau décret français visant à retirer l’E171 de la liste des additifs alimentaires autorisés en vertu du principe de précaution et nous appelons la Commission européenne à faire de même.

Pour ces mêmes raisons, nous plaidons également pour l’interdiction des E551 et E174, particulièrement lorsqu’ils se retrouvent dans les produits destinés aux enfants.

Dans cette optique, nous avons adressé plusieurs courriers demandant l’interdiction de ces 3 additifs : au vice président de la commission EU, au SPF Santé Publique et à l’AFSCA. Nous avons également informé les Ministres Peeters et De Block de nos démarches.

Pas de données, pas de marché

Entre-temps, la Commission européenne a discuté avec les Etats membres de la mesure française sur le dioxyde de titane (E171). Sans résultats concrets jusqu'à présent.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devrait publier un rapport en juillet 2019 sur les caractéristiques (y compris la taille des particules) de cet additif, nécessaire pour mieux évaluer la pertinence toxicologique des études menées jusqu'à présent. Ces travaux entraîneront une modification des règles européennes concernant le dioxyde de titane et détermineront quel dioxyde de titane pourra être utilisé comme additif alimentaire E171.

Les exploitants du secteur alimentaire ont donc une dernière chance de fournir les informations demandées par l'EFSA. Toutefois, si celles-ci ne sont pas fournies, la Commission européenne pourra prendre les mesures nécessaires pour la gestion des risques. Dans ce cas, nous réitérerons notre appel à appliquer le principe "pas de données, pas de marché", c'est-à-dire le retrait de l'E171 de la liste des additifs alimentaires autorisés.

Pour une législation plus stricte

Outre ces interdictions, de manière plus générale, une définition claire des nanomatériaux est nécessaire au niveau européen et ce, pour tous les secteurs où ils sont utilisés.

Par ailleurs, la mention [nano] devrait obligatoirement apparaître sur l’emballage de tous les produits qui contiennent des nanoparticules et toute infraction à ces règles d’étiquetage devrait être sanctionnée.

Ensuite, les fabricants de produits contenant des nanoparticules devraient être tenus de démontrer la sécurité de leurs produits pour pouvoir les porter sur le marché. En effet, des analyses plus poussées des risques de ces substances sont absolument nécessaires vu que les effets de ces nanoparticules sur la santé ne sont pas encore connus.

Enfin, la réglementation européenne des substances chimiques (REACH) doit être adaptée, car celle-ci ne répond plus aux besoins spécifiques actuels de la nanotechnologie.

 

Pour tout savoir sur les additifs, consultez notre dossier

Community