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Le Parlement européen veut éliminer le dioxyde de titane (E171)

09 octobre 2020

Avec une nouvelle résolution, le Parlement européen s'oppose à la proposition de la Commission européenne de changer les caractéristiques du E171, un colorant fait de nanoparticules. Le Parlement demande à la Commission d'interdire complètement cet additif controversé. Nous soutenons depuis longtemps que le dioxyde de titane (E171), le dioxyde de silicium (E551) et l'argent (E174) n'ont pas leur place dans les aliments.

Dentifrices, crèmes solaires, médicaments, aliments, textiles, peintures, emballages… Les nanotechnologies se déclinent dans de nombreux produits du quotidien sans qu’on en connaisse réellement les risques, tant pour l’environnement que pour notre organisme.

Nous réclamons depuis longtemps des règles claires sur son utilisation afin qu'il ne nuise pas à la santé. Cependant, le principe de précaution appliqué par la France envers le dioxyde de titane (E171) n'est pas encore suivi par l'Union européenne. La résolution adoptée par une majorité de députés européens au début du mois d'octobre 2020 est un premier pas dans la bonne direction.

D'ici mars 2021, l'agence alimentaire européenne EFSA devrait émettre un nouvel avis de sécurité sur le dioxyde de titane. Sur cette base, la Commission et les États-membres examineront plus en détail le sort du E171. Il va sans dire que nous suivrons ces discussions de près.

Une technologie très utilisée

En passant de leur taille habituelle à une taille infinitésimale (plus petites encore qu’un virus), les particules acquièrent des caractéristiques propres : l’argent devient antibactérien, l’or catalyseur, certains isolants conducteurs... Des capacités époustouflantes que l’industrie utilise à des fins technologiques pour alléger les matériaux, renforcer des couleurs, encapsuler des substances actives...

Mais, à l’heure actuelle, on a encore trop peu de recul sur le comportement, l’impact, la dangerosité de cette technologie... Il faut donc être prudent, surtout concernant notre nourriture.

La nouvelle résolution du Parlement européen fait référence à nos recherches menées en collaboration avec des organisations de consommateurs en Espagne, en Italie et en France. En 2019, nous avons analysé neuf produits alimentaires contenant des nanoparticules et avons trouvé du dioxyde de titane (E171) dans les M&M's, les Freedent et les gâteaux à la pâte d'amande de Delhaize, et du dioxyde de silicium (E551) dans le café de Nestlé. 

Stop aux additifs E171, E551 et E174

Selon la législation européenne, un additif alimentaire ne peut être autorisé que si son utilisation est sûre, justifiée sur le plan technologique et si elle n’induit pas en erreur, mais au contraire, procure des avantages.

Or, d’importantes incertitudes scientifiques subsistent quant aux effets sur la santé et à la toxicité potentielle de l’additif E171, couramment utilisé. L'EFSA a également confirmé dans un rapport de juillet 2019 qu'il existe de nombreuses incertitudes quant à la sécurité de cet additif.

Il n’existe pas non plus de besoin technologique justifiant l’utilisation du nanodioxyde de titane. La preuve en est que de nombreux fabricants de produits alimentaires sur le marché français sont en train ou l’ont déjà supprimé de leurs produits. Cet additif n’est en effet utilisé qu’à des fins esthétiques et ne procure aucune plus-value technique au produit.

La France a été le premier État membre de l'Union européenne à prendre des mesures : elle a appliqué le principe de précaution et n'autorise plus l'E171 dans les aliments depuis janvier 2020. Nous soutenons le décret français et considérons la nouvelle résolution du Parlement européen comme un pas en avant.

Nous appelons la Commission européenne à prendre des mesures similaires et à retirer le E171 de la liste des additifs autorisés. Nous plaidons également pour une interdiction des E551 et E174, en particulier lorsqu'ils sont utilisés dans des produits destinés aux enfants.   

Pour une législation plus stricte

Outre ces interdictions, de manière plus générale, une définition claire des nanomatériaux est nécessaire au niveau européen et ce, pour tous les secteurs où ils sont utilisés.

Par ailleurs, la mention [nano] devrait obligatoirement apparaître sur l’emballage de tous les produits qui contiennent des nanoparticules et toute infraction à ces règles d’étiquetage devrait être sanctionnée.

Ensuite, les fabricants de produits contenant des nanoparticules devraient être tenus de démontrer la sécurité de leurs produits pour pouvoir les porter sur le marché. En effet, des analyses plus poussées des risques de ces substances sont absolument nécessaires vu que les effets de ces nanoparticules sur la santé ne sont pas encore connus.

Enfin, la réglementation européenne des substances chimiques (REACH) doit être adaptée, car celle-ci ne répond plus aux besoins spécifiques actuels de la nanotechnologie.

 

Pour tout savoir sur les additifs, consultez notre dossier

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