Le gouvernement De Wever met la sécurité alimentaire en péril : Testachats tire la sonnette d’alarme
Une agence pour garantir la sécurité alimentaire
L’AFSCA, créée à la suite de la crise de la dioxine, a fêté l’an dernier son 25e anniversaire. A l’époque, cette crise avait démontré que le contrôle de la sécurité alimentaire dans notre pays présentait de graves lacunes. Après 25 ans d’existence, l’Agence alimentaire peut présenter un bilan particulièrement positif. Bien sûr, des incidents ont encore eu lieu, comme l’affaire du fipronil, mais globalement, on peut affirmer que la Belgique dispose d’un système de sécurité alimentaire solide et fiable.
Une agence exsangue : 36 millions d’euros en moins depuis 2014
Ces dernières années, il est devenu de plus en plus difficile pour l’Agence d’accomplir pleinement sa mission. En effet, celle-ci s’est vue confrontée à des économies imposées par les différents gouvernements. Celles-ci s’élèvent à plus de 36 millions d’euros depuis 2014 ! Aujourd’hui, le gouvernement De Wever menace de porter le coup de grâce à l’Agence : il lui impose une réduction budgétaire de pas moins de 24 % d’ici 2029. Dès 2026, 55 % de cette économie devra déjà être réalisée. Pour Testachats, exiger aujourd’hui une nouvelle coupe d’un quart du budget ne relève plus d’un exercice d’efficacité, mais bien d’un démantèlement délibéré d’un service public vital. Moins de contrôles augmente directement le risque de nouveaux scandales et contaminations.
Le paradoxe du Mercosur : plus d’importations, moins de contrôles
Par ailleurs, le timing de cette décision est incompréhensible. En effet, alors que la Commission européenne promet, dans le cadre de l’accord commercial avec le Mercosur, un renforcement des contrôles sur les produits importés d’Amérique du Sud, le gouvernement belge retire précisément les moyens nécessaires à ces contrôles. « Si les ressources ainsi limitées de l’Agence doivent être consacrées en partie à un renforcement des contrôles à l’importation, cela entraînera inévitablement une diminution des contrôles nationaux, notamment dans les supermarchés, les restaurants et chez les producteurs », déclare Julie Frère, porte-parole de Testachats. « Le gouvernement organise ainsi lui-même la prochaine crise alimentaire ». Par ailleurs, le secteur agricole et agroalimentaire belge est fortement tourné vers l’exportation. En cas de problème de sécurité alimentaire, les frontières sont immédiatement fermées et les exportations suspendues. Garantir un contrôle strict et efficace de la sécurité alimentaire est donc indispensable pour assurer la protection économique de ces secteurs.
Appel au gouvernement
Testachats appelle le gouvernement De Wever à faire marche arrière sur ces mesures d’économies. L’organisation exige un financement stable permettant à l’AFSCA de continuer à protéger les citoyens et l’économie contre les dangers d’une chaîne alimentaire insuffisamment sécurisée. « Le « gain » financier de ces économies ne pèse en rien face aux coûts sociétaux et économiques astronomiques d’une nouvelle crise » conclut Julie Frère.
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