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Les "petits" cadeaux de Maggie De Block à l'industrie pharmaceutique

03 mai 2018
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03 mai 2018
Depuis que De Block a en charge la Santé publique, les dispositions bénéficiant au secteur pharmaceutique se multiplient. Voici maintenant que la ministre veut modifier la procédure sur les remboursements, ce qui permettra aux fabricants de médicaments d'engranger plus facilement encore des bénéfices.

Si une firme pharmaceutique demande un remboursement pour un groupe de patients plus large, par exemple parce qu'un médicament est efficace pour plusieurs affections, les mutualités tentent généralement de négocier une réduction de prix pour ce médicament.

La ministre De Block veut toucher à ce principe. Nous le regrettons amèrement, ainsi que les mutuelles. Et demandons au conseil des ministres de ne pas approuver le projet d'arrêté royal.

Budget sous pression

Concrètement, De Block propose qu'à partir du mois de juillet les firmes pharmaceutiques ne doivent plus baisser leur prix si le remboursement d'un médicament existant est étendu à un groupe de patients plus large et que cette extension se chiffre à moins de 2,5 millions d'euros par an.

Le fait que les firmes pharmaceutiques aient un puissant impact sur le processus décisionnel en matière de remboursements coûte cher à notre secteur des soins de santé. En 2017, le dépassement de budget a atteint les 236 millions d'euros. Cela en contradiction avec tous les accords pris dans le cadre du pacte pluriannuel conclu à l'été 2015 avec l'industrie pharmaceutique. A plusieurs reprises pourtant, nous avions demandé que des mesures soient prises. Et les 43 000 signataires de notre pétition (qui réclamait des médicaments à prix abordable) soutenaient cette demande.

Il se fait que les moyens financiers sont limités et des choix doivent être faits. Donner la priorité à l'industrie pharmaceutique signifie que les remboursements dans d'autres secteurs des soins de santé en pâtissent. Pensons par exemple aux soins palliatifs, au personnel infirmier, à l'accompagnement psychologique… Il est grand temps que la ministre De Block cesse de faire des cadeaux aux sociétés pharmaceutiques.

Le lobby pharmaceutique a trop d'influence

Depuis l'entrée en fonction de Maggie De Block, l'industrie pharmaceutique semble donner le ton lorsqu'il s'agit de rédiger des textes de loi ou de dessiner une stratégie politique.

La ministre est ainsi une grande partisane des contrats secrets avec l'industrie pharmaceutique pour le remboursement des médicaments "innovants". A la demande du secteur pharmaceutique, elle a même ancré dans une loi le secret des prix fixés de commun accord, ce qui rend impossible une évaluation indépendante de ce système. Et sous son mandat, cette procédure, considérée à l'origine comme une exception, a gagné du terrain pour devenir un système parallèle de remboursement opaque.

Au sein de la Commission de remboursement des médicaments (CRM) également, les réformes de De Block accroissent l'influence de pharma.be (l'association de l'industrie du médicament). Ainsi, l'industrie peut dorénavant désigner elle-même des experts qui participent à l'évaluation de la plus-value des nouveaux médicaments. Nous doutons que ces experts jugeront en toute impartialité…

La révision des règles était pourtant l'occasion de mieux garantir l'indépendance de cette Commission. Nous déplorons depuis des années la présence de représentants de pharma.be au sein de la Commission. S'ils ne peuvent qu'exprimer qu'une voix consultative, ils influencent les discussions et exercent une pression inopportune. Notre souhait: leur écartement de la Commission.

Nos exigences

Nous demandons aux autres ministres de ne pas approuver en conseil des ministres les mesures de la ministre De Block qui sont encore à l'état de projet. Et de la rappeler à l'ordre à propos de sa politique.

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