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Médecins trop prompts à prescrire des somnifères

27 mars 2015
somni

27 mars 2015

Les médecins ont trop souvent tendance à prescrire des somnifères dès la première consultation. Alors qu’un traitement médicamenteux ne devrait être que le dernier recours. 69 % de nos "enquêtrices insomniaques" sont ressorties de chez les médecins consultés avec une ordonnance pour un somnifère !

Nos enquêtrices sur le terrain

Nous avons demandé à trois femmes âgées de 52 à 62 ans de consulter 100 médecins pour un prétendu problème d’insomnies. Elles venaient de déménager et le fait de ne pas trouver d’acheteur pour leur ancienne maison pouvait être une cause du problème. Elles n’étaient ni dépressives ni anxieuses et ne prenaient pas de médicaments.

Trop peu de conseils pour bien dormir

Les médecins doivent d’abord chercher les causes possibles des insomnies et la plupart ont pour cela posé suffisamment de questions. Ils ont par contre consacré moins d’attention à l’étape suivante de la consultation, soit l’apport de conseils pour bien dormir. Parmi ceux-ci, figurent d’une part des conseils comme "prévoyez une activité relaxante avant d’aller vous coucher" et d’autre part des techniques de sommeil comme le contrôle des stimuli et la relaxation. Or, à peine 11 médecins sur les 100 consultés ont véritablement pris la peine de donner de bons conseils pour dormir.

Prescriptions inacceptables

Un médecin ne peut à vrai dire envisager un traitement médicamenteux qu’après avoir recherché la cause des insomnies et si les conseils ne produisent pas l’effet souhaité. Pourtant, 94 ont donné une ordonnance : 11 pour un produit à base de plantes, 7 pour de la mélatonine et pas moins de 76 pour un médicament n’ayant absolument pas sa place dans le cadre d’une première consultation...

Pas moins de 59 médecins ont opté pour un somnifère, en association ou non avec de la mélatonine ou un produit à base de plantes. Et environ 10 ont délivré directement deux ordonnances pour un somnifère ou ont combiné somnifère et antidépresseur. Enfin, 7 ont prescrit uniquement un antidépresseur. Or, ces derniers ne peuvent, compte tenu des effets secondaires possibles, être prescrits qu’en cas de dépression, ce qui n’était pas le cas ici.

À peine 16 des 69 médecins ayant prescrit un somnifère ont par ailleurs indiqué que le somnifère ne pouvait être pris que pendant une à deux semaines (maximum) à une dose aussi faible que possible et expliqué les effets de dépendance (mentale et physique).

Nos exigences

  • Les médecins doivent respecter les directives scientifiques en matière d’approche des problèmes d’insomnies, avec un contrôle des autorités compétentes.
  • Les médecins prescrivant trop de somnifères doivent être rappelés à l’ordre.
  • L’industrie pharmaceutique doit proposer des plus petits conditionnements pour éviter une utilisation chronique.

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