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Calme sur ordonnance

23 septembre 2013
calme sur ordonnance

23 septembre 2013

Près d'un Belge sur dix se fait prescrire des tranquillisants. Ces médicaments fonctionnent généralement bien mais comportent souvent des effets indésirables.  Pourquoi ne pas envisager une autre alternative?

Vos muscles sont tétanisés et de sombres pensées vous envahissent. Vous avez les mains moites et votre cœur bat la chamade. Vous ne trouvez pas le sommeil et vous avez des crampes d'estomac. Aucun doute: ce sont les symptômes typiques d'anxiété et de stress. Certaines personnes en souffrent tellement qu'elles cherchent le salut dans les médicaments.

 

Les tranquillisants sont efficaces…

Chez nous, deux types de tranquillisants sont principalement prescrits.

  • Les fameuses benzodiazépines (Xanax, Valium, Temesta et leurs variantes génériques…) ont au bout de 15 à 20 minutes un effet décontractant et/ou anxiolytique. C'est ce qui les rend tellement tentants lorsque la tension atteint son paroxysme: le pic de tension est presque instantanément annihilé.
  • Les ISRS ou inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (Serlain, Seroxat, Prozac et leurs variantes génériques…) exigent un peu plus de patience. Il faut en prendre régulièrement pendant quelques semaines, voire quelques mois avant de sentir une amélioration. Ils abaissent votre niveau de tension général, de sorte que vous réagissez moins vivement aux stimuli. En fait, ce sont des antidépresseurs dont certains sont de plus en plus fréquemment prescrits en cas de crises d'angoisse aigües.

 

… mais produisent aussi souvent des effets indésirables

Les effets secondaires les plus fréquents sont la somnolence, les problèmes de mémoire, les sautes d'humeur et la confusion. Vous pouvez aussi souffrir de crampes avec troubles gastro-intestinaux, de vertiges et d'insomnies.

L'alcool augmente le risque d'effets secondaires et renforce l'hébétude.

Vous risquez des effets secondaires lors du sevrage, surtout lorsque vous arrêtez de votre propre initiative. Le sevrage se manifeste souvent par une augmentation de l'anxiété, de l'agitation, des insomnies et de l'irritation. Mais les troubles de la personnalité et les pensées suicidaires ne sont pas à exclure non plus, allant même jusqu'à des tentatives.

Les benzodiazépines peuvent être particulièrement dangereuses lors de la conduite de véhicules, surtout si vous consommez de l'alcool en plus. Par ailleurs, elles induisent un risque accru de dépendance psychique: vous finissez par vous convaincre que vous ne pouvez plus vous en passer pour gérer la situation. De cette manière, les tranquillisants pourraient miner votre confiance en vous.

 

Alternatives possibles

Au lieu de laisser votre médecin vous prescrire des tranquillisants d'entrée de jeu, vous pouvez essayer d'autres solutions:

  • des tranquillisants à base d'herbes (p.ex. la valériane). Ils ont moins d'effets secondaires;
  • aplication de la respiration abdominale;
  • essayer d'être moins perfectionniste;
  • écouter de la musique apaisante ou appeler un ami ou un proche pour parler avec quelqu'un;
  • augmenter progressivement votre résistance, entre autres en améliorant votre condition physique et en affrontant volontairement des situations qui vous angoissent.
    Il est également conseillé de ne pas fumer et de ne pas consommer trop de café ni d'alcool.

 

Quelques éléments de notre enquête

Nous avons relevé quelques éléments à ce sujet. Les tranquillisants semblent surtout être consommés par les femmes, les personnes âgées entre 55 et 74 ans, celles confrontées à des difficultés financières et d'autres présentant des problèmes de santé et/ou ayant un style de vie malsain. Une personne sur quatre a commencé avant même d'avoir 26 ans. Retrouvez encore plus de constatations intéressantes dans l'article "Tranquillisants : calme sur ordonnance" (Test Santé 113 de février/mars 2013).


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