Communiqué

Nouvelles mesures énergie: un soulagement (trop) tardif

15 mars 2022

Un nouvel accord de gouvernement a été trouvé hier soir afin de soulager le budget des ménages, lourdement touché par la hausse du prix des produits énergétiques.  Rappelons-le, les prix de l’électricité et du gaz ont véritablement commencé à déraper en octobre 2021.  Pour une consommation moyenne, les prix de la partie énergie seule (la facture, moins les coûts de réseaux, cotisations et taxes) ont soudainement triplé en l’espace de quelques mois, laissant de nombreuses familles dans le désarroi et programmant son lot de drames sociaux. Test Achats rappelle qu’une facture d’énergie atteint aujourd’hui plus de 5000 euros pour une consommation moyenne. Impayable pour de nombreux ménages, comme en attestent l’explosion des demandes de plan de paiement, des demandes d’aides aux CPAS ou encore auprès des banques alimentaires.

Depuis le début de l’année, le gouvernement fédéral avait adopté diverses mesures : une réduction de TVA à 6 % sur l’électricité durant quatre mois, un chèque énergie de 80 euros, la prolongation et l’extension du tarif social, initialement prévues jusque mars 2022 et prolongée de 3 mois ainsi qu’une prime chauffage de 100 euros.

Hier soir, de nouvelles mesures ont été décidées. La baisse de la TVA de 21 à 6 % sur l’électricité a été prolongée jusqu’au 30 septembre 2022 tandis qu’elle a également été décidée pour le gaz.  A cela, s’ajoutent une réduction de 200 euros pour les ménages qui se chauffent au mazout et la prolongation du tarif social élargi jusqu’au 30 septembre. Pour les carburants, le gouvernement a décidé d’une réduction des accises de 0.175 euro par litre.

Ce “paquet énergie” soulagera à court terme le budget des familles, c’est certainement un point positif.  En revanche, nous déplorons que la baisse de la TVA sur le gaz n’intervienne que maintenant.  Nous la demandons depuis septembre 2021, sachant que 80 % de la consommation de gaz a lieu de début octobre à fin mars, et seule 17 % a lieu entre début avril et fin septembtre” réagit Julie Frère, porte-parole de Test Achats. “Autrement dit, la mesure sera d’application au moment où les ménages qui se chauffent au gaz commenceront à éteindre leur chaudière”. Si l’on fait le calcul sur base d’une facture annuelle de 3400 euros pour le gaz, on constate qu’il ne s’agit d’une économie que de  … 73 euros !

L’organisation de consommateurs salue la décision de prolonger le tarif social étendu – à défaut, le choc tarifaire aurait été impossible à encaisser pour de nombreux ménages - et rappelle sa demande de voir ce tarif social structurellement mis en place sur base des revenus, et non plus du statut.

A côté des mesures urgentes, il est crucial de mettre en place des mesures structurelles, au niveau européen et belge.  “La reprise économique post-covid suivie de la crise en Ukraine montre combien notre système est dépendant et fragile, et avec quelle rapidité il peut jeter un nombre considérable de ménages dans la précarité. L’expérience récente nous a montrée que le marché pouvait s’emballer en trois mois, obligeant le gouvernement a appliquer des emplâtres dans l’urgence” détaille Julie Frère, “or, nous parlons bien d’énergie, un produit de première nécessité qui doit impérativement rester accessible à tous, à un prix équitable”.

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