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Application Yuka: à consommer avec modération

08 février 2020

Yuka, l’application qui permet d’évaluer l’aspect santé d’un produit en scannant son code-barres, suscite l’intérêt des consommateurs, mais aussi pas mal de questions. Quelle est sa pertinence scientifique? Est-ce utile pour mieux manger? Nous l’avons analysée, et nous avons constaté certaines incohérences et présomptions. 

Cosmétiques

Un score est attribué sur base des ingrédients présents - reconnus en scannant le code-barres du produit, ou entrés manuellement. Le score délivre quatre notes possibles : risque élevé (rouge), risque modéré (orange), risque faible (jaune) ou aucun risque (vert). Les perturbateurs endocriniens, les allergènes, les substances irritantes et cancérigènes obtiennent une mauvaise note. Si un produit obtient un mauvais score, une alternative est recommandée.

Notre avis 

Yuka est une application pratique en termes de facilité d'utilisation et donne des résultats très simples. Mais l’app n’est pas toujours nuancée : elle ne tient pas compte de la quantité d'ingrédients, de la fréquence d'utilisation, de l'âge ni du sexe de l'utilisateur, de la durée pendant laquelle le produit reste en contact avec la peau, de l'endroit exact où il est appliqué sur la peau, du fait que la peau est endommagée ou non, etc. En outre, le score n’est pas basé sur des tests d’efficacité en laboratoire ni sur des tests d’utilisation par des consommateurs.

L'application donne une note simplement basée sur les ingrédients présents dans le produit, et ne tient pas compte de tests quelconques ou des prix. Une lotion pour le corps qui obtient un score élevé sur Yuka peut, par exemple, mal hydrater. Un écran solaire avec un SPF 30 peut obtenir un bon score sur Yuka, alors que le SPF indiqué (UV-B) ne tient pas ses promesses. En outre, Yuka est beaucoup plus strict que nous concernant les ingrédients. Ainsi, les produits considérés « bons » par Yuka ne contiennent aucuns perturbateurs endocriniens ni d’allergènes dont la présence serait connue ou soupçonnée. Ce sont donc avant tout des produits bio qui obtiennent 100 sur 100 sur Yuka, alors qu’ils obtiennent parfois de mauvais scores à l’issue de nos tests en laboratoire et de tests de consommateurs. Lorsque des produits obtiennent un mauvais score sur Yuka, l’application propose des alternatives, qui sont très souvent des produits bio. Nous nous interrogeons donc sur la possibilité que derrière Yuka se cache une entreprise qui veut promouvoir le bio.

L'application nous semble particulièrement utile pour les personnes qui doivent éviter le contact avec certains ingrédients pour des raisons médicales, par exemple parce qu'elles y sont allergiques. Le consommateur moyen qui n'a pas de souci de ce genre pourrait être inutilement inquiété par une telle application.