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Dossier

Médicaments en rupture de stock

21 janvier 2021

Les problèmes liés à la disponibilité des médicaments sont devenus structurels. Et pas seulement dans notre pays. Au-delà de nos frontières aussi, des patients font face à l’indisponibilité de leurs médicaments, risquant même parfois des problèmes de santé.

Qu'est-ce qu'une pénurie ?

Cela vous est peut-être arrivé aussi : vous allez chez le pharmacien pour acheter un médicament que vous prenez depuis des années. Et au lieu de vous en donner une boîte, votre pharmacien vous annonce que le médicament est temporairement épuisé. Sans être en mesure de vous dire avec certitude quand le médicament sera à nouveau disponible. 

Cette situation est bien plus fréquente qu’on pourrait l’imaginer. Nous avons interrogé plus de 2 000 compatriotes à ce sujet. Pas moins 28,5 % des ménages ont été confrontés à une pénurie de médicaments au cours des deux dernières années (les empêchant d’obtenir leur médicament dans les 24h), 16 % l’ont même vécu à plusieurs reprises. Et les résultats démontrent une augmentation de la problématique. Selon la liste officielle de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), plus de 500 conditionnements étaient temporairement indisponibles dans notre pays fin novembre 2020. Cette même année, un nombre identique ont définitivement été retirés du marché. L’impact sur le patient n’est pas négligeable. Celui-ci doit parfois retourner consulter son médecin, ce qui engendre régulièrement des dépenses supplémentaires, et parfois, la pénurie peut même avoir des répercussions sur sa santé. Et ce, alors que la principale raison des pénuries est d’origine commerciale. Nous exigeons dès lors plus d’action

Absence de définition sans équivoque

Quand est-il question de pénurie ? Il n’y a malheureusement pas de définition sans équivoque. Si les entreprises pharmaceutiques sont toutefois légalement obligées de signaler une pénurie à leurs autorités compétentes, celles-ci déterminent chacune dans leur propre législation ce qu’il faut entendre par "pénurie". Ce qui complique bien évidemment la discussion de ce problème au niveau européen, tout comme la possibilité de pouvoir clairement cerner sa gravité et comprendre les tenants et les aboutissants de cette problématique complexe. Il y a peu, la Belgique appliquait encore un délai de deux semaines. Toute pénurie de plus longue durée devait être rapportée à l’AFMPS. Ce délai de notification a toutefois récemment été raccourci à trois jours. 

L'AFMPS reconnaît en gros deux catégories d'indisponibilité temporaire sur son site web : "l'indisponibilité dite réelle" (due par exemple à des problèmes de production ou de qualité) et les "problèmes de distribution". Dans ce dernier cas, le médicament en question n'est pas disponible en raison d'un problème de distribution ; l’entreprise dispose toujours d'un stock du médicament, mais (certains) des grossistes, qui doivent approvisionner les pharmaciens, n'ont plus de stock, par exemple. Le résultat pour le patient est le même, à savoir que son médicament n’est pas disponible lorsqu'il le demande à la pharmacie. C'est la définition que nous utilisons en tant qu'organisation de consommateurs. On parle de pénurie quand une personne ne peut pas obtenir le médicament nécessaire dans les 24 heures. Légalement, les grossistes-répartiteurs sont tenus de s'organiser de manière à pouvoir livrer les commandes des pharmaciens dans les 24 heures.

Nous avons tâché ci-après de répondre aux questions suivantes :