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Les prix exorbitants des médicaments à l’agenda politique

10 septembre 2019

10 septembre 2019
En avril nous déposions une plainte devant l’Autorité Belge de la concurrence contre la firme pharmaceutique Leadiant concernant le prix exorbitant d'un médicament orphelin. Cette plainte porte maintenant ses fruits. Le Ministre Beke a fixé un prix maximum et a exhorté l'Autorité de la concurrence à traiter ce dossier en priorité.

Cette publication est possible grâce au soutien financier de l'Open Society Foundations.

Plus tôt dans l’année, nous, en collaboration avec nos collègues Italiens et Espagnols, déposions une plainte devant l’Autorité Belge de la concurrence contre la firme pharmaceutique Leadiant. Nous dénoncions le fait que la firme profite de sa position dominante pour commercialiser une ancienne molécule en tant que médicament orphelin en multipliant son prix par 360 et ce, sans raison objective.  En 2005, une année de traitement avec cette molécule (médicament Chenofalk) coûtait 427 €. En 2018, le prix a grimpé à 153 000 € par an !

Médicament vital

Le CDCA (acide chénodésoxycholique) est une molécule utilisée pour traiter la xanthomatose cérébrotendineuse ou XCT. La XCT est une maladie métabolique héréditaire grave. Les patients développent souvent des cataractes à un jeune âge, souffrent de diarrhée chronique et développent progressivement des problèmes neurologiques et psychiatriques. Sans traitement, la XCT peut entraîner une mort prématurée. Le CDCA ne peut pas guérir la maladie, mais peut habituellement l'empêcher de s'aggraver. Les personnes atteintes de cette malade doivent prendre leurs médicaments tous les jours de manière continue.

Le prix maximum est encore (trop) élevé

Notre plainte a porté ses premiers fruits. En effet, il y a quelques jours, le Ministre des consommateurs, Wouter Beke, a pris la décision de limiter le prix maximum pour le médicament CDCA-Leadiant à un quart de ce qui été demandé par le fabricant. Il a également demandé à l’Autorité de la Concurrence de traiter ce dossier de manière prioritaire.

Nous sommes bien entendu satisfait de constater que le Ministre prend ce dossier à cœur et en fasse une priorité. Il n’en reste pas moins que le prix, même limité à ¼ de ce qui était demandé par le fabricant, reste bien au-delà de ce qui était demandé pour la même molécule en 2005. Des arguments doivent donc être avancés pour justifier une telle augmentation de prix.

La transparence est nécessaire

Pour lutter contre les pratiques de prix exorbitants demandés par les firmes pharmaceutiques, la transparence est nécessaire. Elle permet de vérifier si le prix demandé est raisonnable au vu des investissements consentis pour développer un médicament. 

Nous nous battons depuis des années pour que notre système d’assurance-maladie puisse perdurer et permettre aux générations futures de bénéficier des traitements dont elles auront besoin. Nous avons également introduit des plaintes devant l’Autorité de la concurrence dans les dossiers Avastin/ Lucentis et plus récemment Spinraza.