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Le secteur pharmaceutique doit être plus transparent

10 mai 2019

10 mai 2019
La Belgique doit soutenir la résolution internationale pour plus de transparence sur la tarification, la sécurité et l'efficacité des médicaments. Avec neuf autres organisations, nous insistons sur ce point dans une lettre ouverte. Ce n’est qu’ainsi que les gouvernements pourront faire des choix responsables.

La Belgique doit soutenir une résolution visant à accroître la transparence du secteur pharmaceutique lors de l'Assemblée générale de l'Organisation mondiale de la santé, qui se tiendra du 20 au 28 mai. En collaboration avec Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Vlaams Patiëntenplatform, la Ligue des Usagers des Services de Santé, la Mutualité Chrétienne, Solidaris, la Mutualité Neutre, les Mutualités Libres et la Mutualité Libérale, nous demandons dans une lettre ouverte de soutenir la proposition sans tarder.

Après tout, une plus grande transparence renforce la position de négociation des gouvernements en ce qui concerne les prix et les remboursements des médicaments. Les mesures proposées sont axées sur trois domaines: les études cliniques, les coûts de la recherche et du développement et les prix que les gouvernements paient pour les médicaments.

Prix excessifs

Les prix excessifs des médicaments dans le monde mettent en péril les soins de santé. Le déficit du budget des médicaments en Belgique risque d'atteindre 500 millions d'euros cette année, ce qui compromet la viabilité financière du système de santé.

De plus, en raison des prix élevés, les patients ne reçoivent pas toujours le traitement dont ils ont besoin. Par exemple, des patients belges atteints d'hépatite C et de CTX, entre autres, se sont vu refuser un traitement ces dernières années après avoir été facturés à des prix excessifs. Et les nouveaux traitements contre le cancer bientôt disponibles coûteront plus de 300 000 euros par patient.

En accroissant la transparence dans le secteur pharmaceutique, les gouvernements peuvent mieux négocier les prix et décider du remboursement des médicaments.

Les études cliniques restent secrètes

Une étude récente a une nouvelle fois confirmé que les promoteurs des études cliniques ne remplissent pas suffisamment leurs obligations et trop peu de résultats d'études cliniques sont rendus publics. Or, ces informations sont nécessaires pour déterminer si les médicaments sont efficaces et sûrs, et pour pouvoir évaluer la valeur réelle d'un traitement. L'assurance maladie a besoin de ces résultats pour pouvoir prendre des décisions responsables en matière de remboursement.

Avec les neuf autres organisations, nous estimons que les gouvernements doivent être plus stricts pour garantir le respect de ces obligations et que des mesures soient prises pour que tous les résultats et les rapports d'étude complets, y compris ceux du passé, soient accessibles au public.

Recherche et développement : la société paie deux fois

Les firmes pharmaceutiques mentionnent constamment les coûts élevés de la recherche et du développement pour expliquer leurs prix élevés, mais ne fournissent aucune indication sur leur structure de coûts. Mais une chose est certaine: ils ne paient pas tout eux-mêmes. La société est un sponsor majeur de la recherche scientifique. En outre, les firmes pharmaceutiques reçoivent toutes sortes d’avantages fiscaux. Une étude récente montre par exemple que les firmes ont récupéré leurs investissements en recherche et développement pour des médicaments anticancéreux après cinq ans. Alors que dans l'UE, un médicament est protégé en moyenne 13 ans contre la concurrence des producteurs génériques.

Les gouvernements devraient obliger les sociétés pharmaceutiques à faire preuve de transparence concernant ces investissements et la part payée par les fonds publics. Ainsi, le gouvernement peut s'entendre sur un prix juste.

Négociations secrètes

En raison de clauses de confidentialité dans les contrats entre les autorités et les sociétés pharmaceutiques, le prix réel que les autorités paient reste inconnu. Après tout, les autorités peuvent recevoir des remises en échange de la confidentialité. De cette manière, les pays peuvent avoir le sentiment d'avoir conclu un bon accord sans pouvoir comparer. Cela profite aux entreprises, qui peuvent facturer des prix plus élevés.

En 2017, par exemple, le Portugal et la Pologne ont respectivement payé 3 000 et 6 000 euros de plus par patient pour le même traitement contre l'hépatite C que la Suisse. En raison d'une clause de confidentialité, nous ne savons pas si la Belgique a eu un meilleur prix ou non.

Les différents pays doivent se débarrasser ensemble de ces remises secrètes. Ce n’est que lorsque la transparence est assurée que les pays peuvent comparer leurs prix. Cela leur donne plus d'indications pour déterminer le prix des nouveaux médicaments. En outre, c'est la seule manière d'exercer un contrôle démocratique sur la manière dont l'argent des contribuables est dépensé.

 
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