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XL-S Medical (Spécialiste) Bloqueur de Glucides

25 mars 2020 Utilité contestable
XL-S medical
25 mars 2020 Utilité contestable

Vous cherchez à maigrir ? A en croire la notice d’instruction du XL-S Medical (Spécialiste) Bloqueur de Glucides, voilà le produit qu’il vous faut. Mais nous avons des doutes. 

XL-S Medical Bloqueur de Glucides est commercialisé comme un dispositif médical.

Il fait partie d’une gamme de différents produits "XL-S Medical".

La substance active est la phaséolamine.

La firme présente le XL-S Bloqueur de Glucides comme un moyen efficace de traitement et de prévention du surpoids et de contrôle du poids. 

Prix indicatif

XL-S Medical (Spécialiste) Bloqueur de Glucides 60 comprimés : 39,95 €

Attention : comme il est recommandé de prendre ce produit pendant au moins un mois, il vous coûtera au moins 119,85 €.

Notre avis

Pourquoi jugeons-nous l’utilité du XL-S Medical (Spécialiste) Bloqueur de Glucides contestable?

La firme présente le XL-S Bloqueur de Glucides comme un moyen efficace de traitement et de prévention du surpoids et de contrôle du poids. Ces allégations ne sont pas scientifiquement étayées. Il y a bien eu une série d’études sur des personnes en surpoids, mais de trop faible qualité pour pouvoir en tirer des conclusions fiables. L’Agence alimentaire européenne a récemment encore jugé que les suppléments alimentaires à base de phaséolamine ne pouvaient pas se présenter comme un produit amaigrissant. 
L’utilisation de ce produit pendant plusieurs mois ne semble pas entraîner d’effets indésirables sérieux. Mais on peut souffrir de diarrhée, de flatulences et de constipation.

S’agit-il  bien d’un dispositif médical ? 

Selon nous, le XL-S Bloqueur de Glucides ne peut être commercialisé en tant que dispositif  médical. Sa substance active, la phaséolamine, qu’on trouve également dans les haricots blancs, agit sur l’enzyme alpha-amylase, qui intervient dans la digestion des glucides. Un avis de la Commission européenne considère que les produits contenant cette substance ne sont pas des dispositifs médicaux. Selon notre analyse, il s’agit soit d’un médicament, soit d’un complément alimentaire.

Les fabricants apprécient vivement le statut de dispositif médical qui leur évite de devoir satisfaire aux réglementations bien plus sévères sur les médicaments, et leur permet notamment de commercialiser leur produit bien plus simplement et plus rapidement qu’un médicament. Les règles en matière de publicité sont moins sévères que pour les compléments alimentaires. 

Y a-t-il des règles particulières d’utilisation ?

La notice d’instruction ne destine le produit qu’aux adultes, à l’exception des femmes enceintes ou allaitantes. Les adolescents entre 12 et 18 ans sont invités à prendre l’avis d’un médecin. 

Les personnes souffrant de diabète, d’une autre affection médicale ou qui sont hypersensibles aux haricots, doivent consulter un médecin avant de prendre ce produit.

La notice d’instruction n’exclut que les personnes d’un indice de masse corporelle inférieur à 18,5. Pour le reste, il n’y a aucune recommandation à ce propos, alors que la population ciblée par les études accuse à tout le moins un léger surpoids. 

Existe-t-il une alternative ?

Pour s’attaquer au surpoids, il faut commencer par adopter une alimentation équilibrée, combinée avec de l’exercice physique. Les médicaments n’ont qu’une place limitée dans le traitement de l’obésité. Ils ne contribuent que dans une faible mesure à la perte de poids. 

Nos actions

  • Nous avons contacté la firme pour lui réclamer des études attestant de l’efficacité et de la sécurité du produit. Nous n’en avons reçu qu’une seule. Elle était assez limitée et, de toute manière, une seule petite étude ne permet pas de bien juger de la valeur d’un produit. Nous avons également adressé quelques questions complémentaires, qui n’ont pas reçu de réponse jusqu’ici.
  • En octobre 2012 déjà, nous avions écrit à la Commission mixte de l’Agence fédérale des médicaments (AFMPS). Cette commission dispense un avis en cas de doute sur le statut d’un produit. A l’été 2014, l’Agence a décidé que le XL-S Medical Bloqueur de Glucides était bien un médicament, mais ce jugement a fait l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat. Début 2016, celui-ci a annulé la décision en raison de fautes de procédure. Fin 2018, un nouveau dossier a été constitué pour le même produit, et l’affaire est actuellement à l’examen.