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Politique de l’UE sur la transparence des études médicales : peut mieux faire

08 octobre 2014
politique EU

08 octobre 2014

L’Agence européenne des Médicaments (EMA) a fixé le 2 octobre sa politique en matière de transparence des études médicales, dans le but de fournir une image plus précise de la valeur réelle des médicaments. Nous ne sommes toutefois pas totalement satisfaits du résultat final.

La moitié des études sur les médicaments ne sont pas publiées dans les revues médicales. En particulier celles qui aboutissent à des conclusions négatives. L’Agence européenne des Médicaments élabore dès lors, depuis un certain temps déjà, une nouvelle politique en matière de transparence. 

Nous avons été écoutés, mais il reste trop de lacunes

En juin, nous nous opposions encore au plan de l’EMA visant à rendre les études consultables seulement sur écran. Maintenant que les règles ont été déterminées, nous avons été manifestement entendus sur ce point. Les impressions et téléchargements seront bel et bien possibles. Heureusement, car c’est une exigence pour les chercheurs souhaitant en analyser le contenu. 
Mais tout n’est hélas pas positif. En effet, l’EMA a établi une liste contenant trop d’éléments pouvant éventuellement être considérés comme confidentiels sur le plan commercial et qui ne doivent donc pas être divulgués. 
Par ailleurs, la nouvelle politique vaut uniquement pour les rapports relatifs aux médicaments, pour lesquels l’enregistrement a été demandé à partir du 1/1/2015. Les informations relatives à la plupart des médicaments que nous utilisons actuellement ne seront donc toujours pas publiques.

Le monde pharmaceutique maintient sa menace

Qui souhaite utiliser un rapport est tenu de signer un contrat en vertu duquel la firme pharmaceutique peut traîner le chercheur en justice en cas de non-respect des conditions d’utilisation. C’est inquiétant. En 2013, les firmes Abbvie et Intermune ont même cité l’EMA en justice parce qu’elles voulaient contrer la publicité de certaines données, sous le prétexte qu’il s’agissait d’informations confidentielles sur le plan commercial. Abbvie s’est entre-temps retirée et a conclu un accord avec l’EMA. Mais les concessions faites par l’EMA nous font craindre que des informations cruciales ont été tues. 

Sentiments mitigés

En dépit de ses imperfections, la nouvelle politique représente une avancée. Nous espérons qu’elle ne sera pas affaiblie par les firmes pharmaceutiques, par les négociations avec les USA dans le cadre du nouvel accord commercial ou par la définition des « informations commercialement confidentielles ». 


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