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Fairphone 4: le smartphone éthique, durable et réparable finit par convaincre

24 janvier 2022
La main d'une jeune femme tenant un smartphone éthique et durable Fairphone 4

Conjuguant durabilité, réparabilité et éthique, ce smartphone unique en son genre se la joue résolument perso, mais s'invite quand même dans la cour des grands grâce à sa version 4 qui le rend plus persuasif que ses prédécesseurs. Nous avons passé ses performances (et sa réparabilité) au crible. Notre avis. 

Concept singulier dans l'industrie des smartphones, le Fairphone ne revendique ni les meilleures performances, ni le prix le plus abordable. Son seul souhait est d'être le plus réparable et le plus durable possible. Sa conception est étudiée pour que son empreinte écologique en termes de ressources naturelles soit limitée, mais également pour que ses différents composants soient faciles à remplacer. Comment ? Grâce à une approche modulaire, où les pièces sont aisément interchangeables.

De quoi parle-t-on exactement ?

Fairphone, c'est certes le nom des smartphones, mais c'est également, au départ, une société sociale, basée à Amsterdam (Pays-Bas), qui désire proposer un produit différent. Un smartphone dans la perspective « d'un monde plus juste », où les notions de réparabilité, de durabilité et d'équité occupent une place centrale.

En tant qu’association de consommateurs, nous mettons un point d’honneur, chez Test Achats, à comparer tous les smartphones avec des conditions de test équivalentes. Certains éléments (origine des composants, respect des droits de l’Homme, disponibilité des pièces de rechange, p.ex.) sont toutefois difficilement vérifiables pour l’ensemble du marché. Et donc compliqués à quantifier dans nos protocoles...

Historiquement, les Fairphone n'étaient donc pas abonnés à des scores mirobolants (plutôt qualité moyenne). D'autant plus qu'ils ne sont pas les plus optimisés en termes de performances pures. Mais le Fairphone 4 (sorti fin 2021) fait son retour en version améliorée, notamment grâce à un processeur plus puissant. Fort de sa compatibilité 5G, il entend par ailleurs clairement occuper le terrain un bon bout de temps.  

Découvrez ici tous les résultats de nos tests

Clairement pas dans la catégorie « poids plumes »

Première surprise, son poids : avec 225 gr sur la balance, le Fairphone 4 s'inscrit plutôt dans la catégorie poids lourds. Nous apprécions par contre ses bords noirs amincis par rapport à ses prédécesseurs, ce qui agrandit la face écran.

Ses bords noirs sont désormais plus fins.

Sa modularité ne l'empêche pas d'afficher un certificat IP54, soit une protection contre la poussière (mais n'essayez pas de lui apprendre à nager). Bien qu'il ne bénéficie pas de certificat d'étanchéité, il résiste bien au crachin belge (test de pluie fine) et est sorti de nos tests de robustesse et de chutes avec quelques traces à peine. Morale de l'histoire : des pièces interchangeables n'entravent en rien la solidité.

Notons encore que s'il n'est pas équipé de la reconnaissance faciale, son capteur d'empreinte, sur la tranche de l'appareil, fonctionne bien.

Photophone ? Pas encore, mais c'est déjà mieux

Au dos, on retrouve, pour la première fois, un double module photo, composé d’un grand angle (48 mégapixels) et d’un ultra grand angle (48 MP aussi). Un capteur ToF, aide à la profondeur de champ, complète le tout.

Le double module photo, une première chez Fairphone.

Les clichés pris avec le Fairphone 4 sont pertinents, sans toutefois en faire un vrai photophone. C’est un peu moins vrai lorsque la luminosité se fait rare, l’appareil éprouvant quelques difficultés dans le rendu des détails. Les vidéos sont de bonne qualité grâce à la stabilisation optique. Sans atteindre un score exceptionnel, le Fairphone 4 propose désormais un appareil photo convenable, contrairement à ses prédécesseurs qui peinaient.

Et côté écran ? Un LCD de 6,3 pouces en Full HD (1080 x 2340 pixels). Pas d’OLED ni de taux de rafraîchissement élevé, mais une dalle qui fait bien le job. Un contraste plus important, associé à une meilleure luminosité, auraient été les bienvenus car la lisibilité au soleil est moyenne.

Doté d’un processeur Snapdragon 750G, l'appareil n’est certes pas aussi puissant que ses confrères dans cette gamme de prix, mais il n’en est pas ridicule pour autant. Il est tout à fait capable d'effectuer toutes les tâches du quotidien.  Si on cherche vraiment la petite bête, on pourrait dire qu'on aurait apprécié davantage de puissance, surtout que son ADN, en tant que premier smartphone durable, est d'être conservé le plus longtemps possible. 

En est-il moins autonome pour le coup ? Dans notre scénario d'usage normal, il tient un chouïa plus que 22 h, avec la luminosité poussée au maximum, et 27 h 30 en luminosité moyenne. Un score qui n'a rien d'exceptionnel, mais en progrès par rapport aux versions 2 et 3. Envie de comparer cette info avec d'autres marques de smartphones ? Rendez-vous sur notre comparateur :

Comparer avec les autres smartphones

La recharge s’effectue en 3 h avec un chargeur basique (5W), moitié moins avec le chargeur 30W (non livré avec l’appareil, comptez 24,95 €). Ni chargeur ni câble dans la boîte du Fairphone. Si l'on peut comprendre, dans cette philosophie de ménager la planète, la volonté de ne pas produire de composants non essentiels, on aimerait, comme avec les autres fabricants, pouvoir obtenir le chargeur gratuitement quand on n'est pas encore équipé. Idem pour l'absence de port mini-jack, qui contraint soit à recourir aux écouteurs USB-C (livrés), soit à se munir d'un adapteur (non livré) pour utiliser un bon vieux casque filaire.

Dommage pour l'absence de port mini-jack.

Notre avis

Par rapport aux modèles précédents qui péchaient par des performances insuffisantes, cette nouvelle version devient convaincante. La proposition est plus cohérente, on paie le prix d'un smartphone haut de gamme doté des prestations techniques d'un milieu de gamme, mais l'essentiel est ailleurs : dans la durabilité et l'éthique. Et pour cela, il est le seul du genre. 

Cette singularité a un coût : 579 € pour la version 128 Go (6 Go de RAM), et 649 € pour la version 256 Go (8 Go de RAM). Mais à ce prix-là, on bénéficie d'une garantie exceptionnelle de 5 ans, sur un appareil qu'il est extrêmement facile de réparer, ainsi qu'un suivi logiciel, tant du point vue des mises à jour de sécurité que de l’OS, promis jusqu'à fin 2025 au moins, voire plus, si c'est techniquement possible (soit jusqu'à Android 12, voire 13).

Réparable, ça signifie quoi, concrètement ?

Si nous sommes nombreux à rêver d'un smartphone que l'on pourrait garder des années, la complexité et le coût des réparations sont souvent dissuasifs.

Vous avez dit complexe ? Le Fairphone est conçu pour être démonté facilement : la coque arrière se déclipse à la main, la batterie également, seules quelques vis standards retiennent les éléments les plus fragiles. Le fabricant publie une série de tutoriels en vidéo pour accompagner l'utilisateur lors des manipulations. Le matériel nécessaire se résume à un tournevis standard, qui peut assumer l’ensemble des changements à faire. 

Exemple ? Remplacer l’écran : d'habitude une des opérations les plus délicates, mais qui ne prend ici que quelques minutes, sans matériel spécifique. Pour la plupart des autres smartphones, de nombreux composants sont collés, et les enlever s'avère une tâche ingrate qui requiert un minimum d’expertise et d’outils. Et s'il s'agit de la batterie ? Encore plus simple : il suffit de déclipser le capot arrière, puis la batterie de son logement. L’opération prend 30 secondes.

Quant au coût, Fairphone propose des tarifs abordables pour ses pièces de rechange. Comptez 30 € pour une nouvelle batterie ou 15 € pour le port USB-C. Pas hors de prix, donc. 

Notre coup de pouce pour toutes vos envies de réparation

Pour vous aider à connaître vos droits (garantie, p.ex.), mais aussi à trouver des réponses à toutes vos questions en matière de réparation, nous avons mis sur pied, dans le cadre du projet Sharepairla plateforme « RepairGuide »:

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