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Viandes et fraudes : des contrôles et des sanctions plus sévères s.v.p. !

06 mars 2013
viande et fraudes

06 mars 2013

Les scandales autour de la présence de viande de cheval dans diverses préparations alimentaires ont laissé un arrière-goût amer en bouche. Nous avons donc nous aussi décidé d'analyser attentivement plusieurs échantillons et avons découvert plusieurs produits suspects...

Avec les scandales de viande début 2013, il est apparu, une fois de plus, que certains plats à base de viande pouvaient contenir des variétés de viande non reprises dans la liste des ingrédients. D’où l’impossibilité d’être sûr à 100 % de ce que vous avez dans votre assiette malgré l’étiquette.
Nous avons nous aussi mené notre enquête et analysé 29 préparations à base de viande, dont des lasagnes, des raviolis, des hamburgers, des saucisses, de la sauce bolognaise et de la viande mijotée. Dans un produit, nous avons détecté du porc qui n’était pas mentionné sur l’étiquette. Mais d’autres produits posent questions également.

Nos résultats

Tous les produits ont été soumis à un test ADN afin de détecter la présence de matériel génétique de bœuf, de porc, de poulet, de dinde, de mouton, de chèvre et de cheval. Nous avons seulement trouvé des ADN de bœuf, de porc et de poulet. Ensuite, nous avons vérifié que la viande était correctement étiquetée. Nos résultats :

  • Dans un produit, une boite de spaghettis bolognaise, nous avons détecté de l’ADN de porc qui n’était pas mentionné sur l’étiquette.
  • Dans la garniture d'un petit pain fourré à la viande de bœuf, nous avons trouvé de l’ADN de bœuf et de poulet dans la même quantité. Mais il se peut que la présence d’œufs dans la composition du pain en soit responsable. Difficile de tirer des conclusions dans ce cas-ci.
  • Les étiquettes de pizza et de sauce bolognaise annoncent que ces produits contiennent du bœuf et du porc, mais nous y avons respectivement retrouvé moins de 1% et pas d'ADN de bœuf du tout. Dans deux autres sauces bolognaises, nous n’avons retrouvé ni ADN de bœuf, ni ADN de porc ni aucun autre ADN recherché. A moins que ces résultats pour le moins bizarre ne soient la conséquence de la cuisson à haute température susceptible de dégrader les ADN, qui ne peuvent dès lors plus être reconnus.

Après notre enquête, les résultats de test ont été transmis à SPF Economie. A leur tour, ils ont pratiqué des analyses sur les échantillons suspects. Leur étude a confirmé la présence de la viande de porc non-étiquetée dans les spaghettis bolognaise. Ensuite, une enquête fut menée à propos de la source de ce mélange avec de la viande de porc et un procès-verbal fut dressé.
Sur base de leurs résultats de recherches, SPF Economie a conclu que les ingrédients des quatre autres produits soupçonnés à base de sauce bolognaise correspondaient à la liste d'ingrédients. Pour le petit pain farci au boeuf haché, aucune réponse définitive n'a pu être donnée sans indiquer, selon SPF Economie, que la liste d'ingrédient n'est pas correcte.

Le tableau en annexe reprend les résultats des analyses.

Emballage trompeur

Même les préparations à base de viande qui reprennent pourtant les bonnes quantités sur l'étiquette sont aussi parfois trompeuses. Légalement, les producteurs et distributeurs sont tenus de reprendre tous les ingrédients sur l'étiquette d'un produit. Seulement, cela se fait parfois d'une manière si détournée que le consommateur a une fausse impression. Les ingrédients les plus accrocheurs sont ainsi mis en valeur, tandis que les moins "sexy" (variétés de viande bon marché, produits d'imitation, additifs) ne sont repris qu’en petits caractères. L’exemple ci-après en est une parfaite illustration :

A première vue, le nom de ce produit donne l'impression qu'il contient essentiellement de la viande de bœuf mijotée. Or, la lecture de la liste des ingrédients laisse en réalité apparaître que ce produit contient plus de viande de porc que de bœuf ! Il s'agit là, selon nous, d'une infraction à la loi sur les pratiques de marché selon laquelle le consommateur ne peut pas être induit en erreur sur la nature ou la composition d'un produit.

Nos exigences

Il est clair que les récents cas de fraude alimentaire resteront encore longtemps dans l'esprit des consommateurs dupés et nous plaidons dès lors pour :

  • Un renforcement des contrôles pour détecter les cas de fraude et des sanctions suffisamment lourdes en cas de constat de fraude. Nous estimons également que le SPF Économie devrait se montrer plus ferme face aux étiquettes alimentaires trompeuses.
  • Plus de transparence. En cas de scandale alimentaire, le consommateur a le droit d'être informé. Les autorités doivent communiquer le plus rapidement possible les résultats des contrôles aux consommateurs et désigner aussi bien les produits conformes que non conformes. Elles doivent aussi communiquer sur les produits retirés des rayons. Les autorités ne peuvent pas laisser ce rôle aux journaux et autres médias.

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