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Flamigel

25 mars 2020 Déconseillé
Flamigel
25 mars 2020 Déconseillé

Soigner de petites plaies ? Faites appel à Flamigel ! Du moins à en croire la firme. Mais nous n’en déconseillons pas moins ce produit. 

Flamigel est commercialisé en tant que dispositif médical.

Les substances actives sont l’hydrocolloïde et l’arginine.

Selon la firme, le Flamigel est indiqué pour le traitement de petites plaies (écorchures, coupures), de plaies ouvertes superficielles, de brûlures superficielles au premier degré (causées par le soleil ou une radiothérapie) et après un traitement au laser thérapeutique. 

Prix indicatifs

  • Flamigel 50g : 10,89 €
  • Flamigel 100 g : 17,48 €
  • Flamigel 250 g : 28,34 €

Notre avis

Pourquoi déconseillons-nous le Flamigel ? 

Le Flamigel n’a pas d’efficacité ou de plus-value prouvée pour le traitement des plaies. Les petites blessures superficielles se réparent bien d’elles-mêmes, sans couverture, quand elles sont exposées à l’air.

De plus, le produit contient les conservateurs méthyl- et propylparabène. Outre les réactions allergiques que les parabènes peuvent provoquer chez des personnes sensibles, certains parabènes sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. C’est pourquoi les parabènes sont de moins en moins utilisés dans les produits cosmétiques. Si le méthylparabène est totalement sûr, on part du principe que le propylparabène peut constituer un certain risque.

Selon notre analyse, le produit n’est donc certainement pas "indispensable" dans la pharmacie familiale ou dans les trousses de premiers secours, comme l’assure la firme.

S’agit-il bien d’un dispositif médical ? 

Nous doutons que le Flamigel puisse être commercialisé en tant que dispositif médical. 

Selon la firme, le produit agit de trois manières : un effet hydrogel (la texture rafraîchit, hydrate et apaise rapidement la douleur causée par les petites plaies) ; un effet hydrocolloïde ou effet-éponge (qui instaure l’hydratation idéale de la plaie en hydratant les plaies sèches et en absorbant l’excès de liquide des plaies suintantes, formant ainsi une barrière contre la contamination externe) ; la réparation des cellules cutanées (l’arginine stimule la synthèse de collagène, un constituant essentiel de la peau). L’effet mécanique, qui justifie théoriquement le statut de dispositif médical, repose vraisemblablement sur l’effet-barrière du gel hydrocolloïde. 

Toutefois, selon notre analyse, le Flamigel pourrait également avoir une action métabolique avec son ingrédient arginine. En effet, l’arginine se transforme dans la peau en monoxyde d’azote, une substance qui contribue en théorie à la relaxation des vaisseaux sanguins et à l’amélioration de la circulation sanguine, ce qui favorise la cicatrisation. Pour ces raisons également, le Flamigel devrait en théorie avoir le statut de médicament. 

Les firmes apprécient vivement le statut de dispositif médical, qui leur évite de devoir satisfaire aux réglementations bien plus sévères sur les médicaments, et qui leur permet notamment de commercialiser leur produit bien plus simplement et plus rapidement qu’un médicament. 

Y a-t-il des règles particulières d’utilisation ? 

Selon la firme, le Flamigel ne doit être qu’appliqué sur la peau, sans frotter. Le produit ne peut pas être utilisé en cas de réaction allergique connue aux parabènes ou à l’un des composants. 

Le Flamigel doit être évité sur les paupières et dans les yeux. Si le produit entre en contact avec les yeux, il faut les rincer à l’eau courante et consulter un médecin.

Pour les plaies importantes, très suintantes ou infectées, la firme recommande de consulter un médecin avant d’utiliser Flamigel car d’autres traitements complémentaires pourraient être requis.

Si la plaie enfle, rougit ou devient douloureuse, ou s’il n’y a pas de début de cicatrisation après quelques jours, il faut consulter un médecin.

Enfin, la notice d’instruction précise que, pour des plaies superficielles, on a le choix, après application de Flamigel, de recouvrir ou non la plaie d’un sparadrap et que, en cas de plaie ouverte, mieux vaut apposer un pansement plus important. 

Selon nous, en raison de la présence de propylparabène, le produit ne peut être utilisé dans la région recouverte par les langes chez les bébés de moins de 6 mois, et qu’il peut constituer un risque pour les enfants de moins de 3 ans ainsi que pour les femmes enceintes ou allaitantes.

Existe-t-il une alternative ? 

Les produits destinés à guérir les blessures ne manquent pas, mais l’on n’a guère d’études sur lesquelles baser des recommandations concrètes. Il est vrai cependant que les plaies ouvertes qu’on recouvre pour les maintenir hydratées peuvent guérir plus vite que les plaies sèches, et peuvent donner des cicatrices plus discrètes. Mais ce n’est pas le cas des coupures et écorchures superficielles pour lesquelles Flamigel fait sa publicité. Celles-ci guérissent tout aussi bien à l’air, sans être recouvertes. 

A notre avis, un produit de ce type est sans véritable utilité pour les petites blessures, égratignures, brûlures ou éraflures superficielles qu’on peut se faire à la maison. En règle générale, l’essentiel est de bien nettoyer la plaie, pour éviter l’infection. Souvent, on recommande de n’utiliser que de l’eau, car le savon peut avoir un effet irritant et retarder la guérison. Les avis sont assez partagés sur la désinfection des petites plaies de la vie quotidienne. 

Nos actions

  • Nous avons contacté la firme pour lui réclamer des études attestant de l’efficacité et de la sécurité du produit. Nous n’avons reçu qu’une seule étude sur l’utilisation du Flamigel pour prévenir les réactions cutanées après une radiothérapie chez des personnes atteintes d’un cancer du sein. Mais cette étude était sponsorisée par la firme. Pour le reste, il ne semble pas qu’il y ait d’études disponibles sur le traitement des plaies avec du Flamigel.
  • D’autre part, nous avons écrit à la Commission mixte de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Cette commission dispense un avis en cas de doute sur le statut d’un produit.