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Comment nos pneus de voiture polluent l’environnement

21 décembre 2021

Des tonnes de particules de caoutchouc provenant de l’usure de nos pneus de voiture aboutissent chaque année sur nos routes, dans notre environnement et dans nos cours d’eau. Certaines marques sont conscientes du problème, d’autres absolument pas.

500 000 tonnes. Selon des études récentes, c’est la quantité de particules abandonnées chaque année sur les routes européennes par les pneus de voiture, à la suite du frottement entre le caoutchouc et le revêtement. L’ADAC, le grand club automobile allemand avec lequel nous partageons nos tests en laboratoire, a pour la première fois vérifié avec quelles marques cette pollution était la plus importante.

Surtout nocive pour l’environnement, moins pour l’homme

La pollution de l’environnement par les petites particules de caoutchouc issues de l’usure des pneus de voiture est longtemps restée sous les radars. Mais on s’y est davantage intéressé ces dernières années. Car son impact est loin d’être négligeable : en Allemagne, où l’ADAC est établi, ces particules seraient responsables d’un tiers de toute la pollution par les microplastiques.

Cette pollution n’est pas directement nocive pour l’homme. Comme elles dépassent généralement 50 microns, les particules sont encore assez grandes comparé aux autres microplastiques, et l’homme n’en respire guère. Et, si c’est quand même le cas, elles ne pénètrent pas profondément dans nos voies respiratoires.

Le problème est surtout d’ordre environnemental. Les particules se déposent sur le sol, et les eaux de pluie les entraînent dans les cours d’eau, où elles peuvent causer beaucoup de dommages à la faune et à la flore.

Longévité et sécurité, une difficile combinaison

Nous analysons depuis des années avec l’ADAC la rapidité de l’usure des pneus. Pour tester leur longévité, nous mettons les pneus sur un banc d’essai roulant, jusqu’à ce qu’ils soient usés. Pour la première fois, on a en même temps mesuré le poids des microplastiques que cette usure libère dans l’environnement. L’ADAC a fait cette analyse pour une petite centaine de pneus d’hiver et d’été, dans différentes dimensions. Les pneus ont ensuite été testés au niveau de leur sécurité.

Nos anciens tests montraient en effet que les pneus qui durent longtemps combinent difficilement cette longévité avec une bonne sécurité de comportement. “Pour faire beaucoup de kilomètres, un pneu doit être en caoutchouc plus dur”, explique notre expert mobilité Steve Mestdagh. “Mais un pneu plus dur a moins d’adhérence sur le revêtement routier, et est dès lors souvent moins sûr. A l’inverse, un pneu en caoutchouc plus tendre possède cette adhérence, mais s’use plus vite et a donc généralement une moins grande durée de vie. Les manufacturiers devaient donc s’efforcer de trouver l’équilibre idéal entre longévité et sécurité mais, à nos yeux, c’est très clairement la sécurité qui est prioritaire.

Michelin trouve la formule magique, Pirelli pas

Mais notre récent test montre qu’on peut avoir l’un et l’autre. En effet, les pneus de Michelin ont un très bon score à la fois pour l’émission de microplastiques, avec une moyenne de seulement 90 grammes aux 1 000 km, et pour la sécurité. Vredestein a également de bons résultats pour l’émission, avec 100 grammes de microplastiques aux 1 000 km, mais avec un score très moyen pour la sécurité. Goodyear complète le podium avec une moyenne de 109 grammes aux 1 000 km, mais il le doit essentiellement aux excellents résultats du Goodyear Efficient Grip Performance 2, avec à peine 82 grammes de microplastiques aux 1 000 km. Les performances de sécurité des pneus Goodyear est souvent bonne, parfois moyenne.

En bas du classement, parmi les pneus avec un haut degré d’usure, on trouve trois grandes marques : Continental, Bridgestone et Pirelli. Avec une moyenne de 134 grammes de microplastiques aux 1 000 km, le manufacturier italien détient la lanterne rouge et ne compense que partiellement cette mauvaise position par ses performances, surtout bonnes sur sol sec. Manifestement, ces marques ne sont pas encore pénétrées de la nécessité d’intégrer, outre la sécurité, l’environnement à leur processus de production.

La taille compte aussi

En plus de la marque du pneu, ses dimensions déterminent la quantité de particules de caoutchouc qu’il abandonne sur la chaussée. Il semble logique qu’un pneu large monté au-dessous d’une lourde voiture (donc les voitures électriques également, qui sont généralement plus lourdes que les modèles essence ou diesel) s’use plus vite qu’un pneu plus étroit sous une voiture compacte. Ce que confirment en partie les résultats. Les moins polluants des pneus d’été sont ceux de la dimension 185/65 R15, et ceux qui abandonnent le plus de particules sont les 225/40 R18. Le lien n’est pas aussi direct pour les pneus d’hiver. La plus petite dimension est certes celle qui, en moyenne, abandonne le moins de particules mais les résultats moyens pour la dimension 195/65 R15 sont moins bons que pour la dimension supérieure 205/55 R16.

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Nous avons testé des pneus d’hiver de différentes dimensions. Notre comparateur vous présente ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats.

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