Dossier

Allégations nutritionnelles et de santé sur le gril

26 janvier 2018
allégations nutritionelles

26 janvier 2018
Comment démêler le vrai du faux dans les allégations nutritionnelles et de santé que de nombreux produits affichent sans se soucier de la législation? Notre dossier les décrypte.

Les fabricants essaient de vous convaincre d’acheter leurs produits depuis des années. Ils ont différents moyens à leur disposition: un emballage chatoyant, des illustrations attirantes, un slogan inoubliable... Il n’est pas rare de les voir aussi ajouter une allégation sur leur produit pour vous convaincre de le mettre dans votre caddie. « Riche en vitamines », « Source de calcium », « 70 % de graisse en moins » ... Mais ces allégations présentent souvent le produit comme plus sain qu’il ne l’est en réalité.

Informations concernant la valeur nutritionnelle

Les allégations peuvent être divisées en deux catégories : les allégations nutritionnelles (p.ex. « riche en calcium ») et les allégations de santé (p.ex. « la vitamine C renforce votre immunité »). Si l’étiquette porte une telle allégation, l’emballage doit alors présenter une information claire sur la valeur nutritive. S’il existe bien une liste des allégations nutritionnelles et de santé autorisées et interdites, nous estimons que c’est insuffisant. Car cette liste n’empêche pas de placer sur l’emballage d’une boîte de céréales très sucrées l’allégation « riche en fibres et en vitamine D », par exemple.
Et n’oublions surtout pas que bon nombre de produits se passant de tels slogans ronflants peuvent eux aussi avoir une composition aussi saine que naturelle. Les fruits et légumes en sont le meilleur exemple : riches en anti-oxydants, en vitamines et en fibres, avec 0 % de graisses, sans cholestérol ni sucre ajouté, etc.

Un outil concret

Les fabricants continuent à trouver des portes dérobées leur permettant de détourner les (maigres) règles pour encore et toujours apposer certaines allégations sur des produits moins sains. La solution a cependant déjà été étudiée: utiliser des profils nutritionnels. Ces profils ne sont rien d’autre que des outils concrets pour juger dans quelle mesure un produit est véritablement bon pour la santé et s’il peut ou non se prévaloir d’une allégation. Ces profils pourraient déterminer des teneurs maximum en graisses, sucres, acides gras saturés, sel, etc. Si un produit dépasse ces teneurs, il ne pourrait pas se prévaloir d’une allégation. On éviterait ainsi que des produits déconseillés pour la santé puissent mettre en avant des allégations qui les font passer comme plus recommandables pour la santé qu’ils ne le sont.

Au niveau européen, l’utilisation de tels profils a été évoquée pour la première fois en 2006. A l’époque, on avait proposé la date du 19 janvier 2009 comme échéance pour la mise en œuvre concrète des profils. 9 ans plus tard, on ne voit toujours rien venir. Au contraire. L’été dernier, le Parlement européen a rejeté les profils nutritionnels, de crainte qu’il ne reste des imprécisions et que le marché s’en trouve perturbé. La Commission doit rendre son avis final à la mi-2018.

A vous de choisir

Aux côtés d’autres organisations de consommateurs, nous n’en continuons pas moins à souligner la nécessité de ces profils. Les abandonner constituerait un choix contre le consommateur et en faveur du secteur. 
En attendant les profils nutritionnels, c’est donc à chacun d’être vigilant et de ne pas prendre n’importe quelle allégation au pied de la lettre. Pour vous faciliter quelque peu la tâche, nous avons compilé certaines allégations faisant régulièrement leur apparition sur les emballages et quelle foi il faut leur accorder. Histoire de souligner une fois encore la nécessité de ces profils.

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