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Dossier

Comment décrypter une étiquette?

26 mars 2020
L’étiquette, carte d’identité des denrées alimentaires

L’emballage d’un produit peut vous berner à de nombreux égards: des illustrations trompeuses, des allégations malhonnêtes, une dénomination un peu trop éloignée de la réalité. Les pièges sont nombreux. Voici quelques clés pour ne pas vous laisser avoir.

Décrypter une étiquette

Dans notre pays, toute denrée alimentaire préemballée doit obligatoirement comporter une étiquette, une sorte de "carte d’identité". Celle-ci vous permet de déterminer si un produit particulier répond ou non à vos attentes. 

Selon la législation européenne, l’emballage d’un produit alimentaire doit comporter un certain nombre de mentions. Certaines vous sont très familières, d’autres non.

 
1. Dénomination

La dénomination d’une denrée alimentaire ne correspond pas toujours au nom du produit que vous trouverez en face avant de l’emballage. Elle est plus détaillée, mais aussi souvent beaucoup plus discrète. Elle se trouve généralement au-dessus de la liste des ingrédients, à l’arrière ou sur le côté de l’emballage en petits caractères.

Pourquoi vous est-elle utile? Elle vous donnera une description bien plus correcte et complète que le nom du produit à l’avant de l’emballage.
La dénomination doit, par exemple, indiquer la forme et le traitement qu’une denrée alimentaire a subi: produit en poudre, recongelé, lyophilisé, surgelé, concentré, fumé. 

Autre exemple: quand un ingrédient typique (des œufs dans une mayonnaise, par exemple) est remplacé par une alternative, cela doit également figurer clairement dans sa dénomination. Bref, elle vous permettra de savoir plus précisément ce que vous mettez dans votre caddy.

 
2. Liste des ingrédients

Rien de très compliqué ici. Cette liste énumère tous les ingrédients contenus dans une denrée alimentaire. Ils apparaissent par ordre décroissant de poids.

On y trouve parfois des aliments peu reconnaissables. On pense aux fameux « E » suivis d’un chiffre qui indiquent la présence d’additifs dans l’aliment, ou aux nombreux arômes naturels ou artificiels.

Attention également au sucre ajouté. Il n’est pas toujours inscrit tel quel dans la liste d'ingrédients. Apprenez à le reconnaître sous ses différents noms dans notre dossier dédié au sucre et édulcorants.

Certains produits ne doivent pas comporter de liste d’ingrédients. Parmi ceux-ci: les boissons alcoolisées (dont la teneur est de plus de 1,2%), les fruits et légumes frais, les pommes de terre, l’eau... Mais aussi le fromage, le beurre, le lait et la crème à condition qu’ils ne contiennent pas d’ingrédients supplémentaires. 

3. Allergènes présents ou qui peuvent être présents

La présence d’allergènes, même en très faibles quantités, doit obligatoirement être mentionnée sur l’étiquette d’un produit. Cette information est essentielle pour les personnes présentant des allergies alimentaires.

Ils figurent soit dans la dénomination, soit dans la liste d’ingrédients, généralement en caractères gras.

On recense au total 14 allergènes tenus de figurer explicitement sur l’étiquette: gluten, crustacés et mollusques, œufs, poisson, arachides, soja, lait de vache, noix, céleri, moutarde, graines de sésame, sulfites et lupin. Pour en savoir plus, consultez notre dossier sur les allergènes alimentaires.

 
4. Poids net

Le poids net total d’un produit est une information obligatoire. Ce poids ne peut pas comprendre le poids de l’emballage. Si un aliment est emballé dans du liquide (légumes en conserve, par exemple), il convient d’indiquer à la fois le poids net, et le poids net égoutté. Si l’emballage contient de la glace (du poisson surgelé avec une couche de glace protectrice, par exemple), il faut mentionner le poids net sans glace. 

5. Date de péremption

Deux types de dates existent:

  • « à consommer jusqu’au » : elle signifie « ne plus consommer après la date indiquée ». Elle concerne les denrées alimentaires hautement périssables et pouvant présenter des dangers pour la santé humaine. On pense à la viande, aux salades, aux gâteaux à la crème, etc.
  • « à consommer de préférence avant le » : elle signifie « encore consommable après la date indiquée », et indique que le producteur ne garantit plus un produit de parfaite qualité. Elle concerne les produits microbiologiquement moins sensibles comme les produits céréaliers, thé, café, jus de fruits, conserves, etc. 

Si l’emballage n’a pas été ouvert et que le produit a été conservé dans des conditions optimales, ces produits sont, en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent, encore parfaitement comestibles un certain temps après expiration de la date. 

 
6. Conseils de conservation

De tels conseils vous permettent de conserver et utiliser de manière optimale un produit après son ouverture. Plus de conseils dans notre dossier sur la conservation des aliments

7. Coordonnées du fabricant ou distributeur

La mention du nom et de l’adresse du fabricant, de l’emballeur ou du distributeur est obligatoire. Elles sont utiles en cas de plaintes ou afin d’obtenir des informations supplémentaires.

La mention d’une adresse e-mail ou d’un numéro de téléphone n’est pas légalement obligatoire, mais nous les considérons comme une plus-value. 

 
8. Estampille

numéro EG

Le symbole représenté ci-contre est l’estampille, un code obligatoire pour les produits d’origine animale (viande, poisson ou lait, par exemple) et qui sert à en assurer une meilleure traçabilité. Il n’est pas obligatoire pour les produits contenant des ingrédients travaillés d’origine animale, comme le lait en poudre par exemple. L’estampille comprend le nom ou le code du pays où le produit a été fabriqué, le numéro d’identification de la société, ainsi que les lettres EG (ou EEG, ou tout autre équivalent dans une autre langue de l’UE). 

Si seule figure sur l’étiquette l’adresse de la chaîne de supermarché, l’estampille vous permet néanmoins de savoir quelle société a fabriqué le produit sur le site Health and Food Safety de la Commission européenne.
9. Pays ou lieu de production

Le pays ou le lieu d’origine d’un produit doit figurer sur l’étiquette dans le cas où son absence pourrait induire le consommateur en erreur.

Si l’origine de l’ingrédient principal diffère de celle du produit, il faut également le préciser. Par exemple: « Yaourt grec à base de lait néerlandais ».
Nous avons aussi déjà rencontré plusieurs produits arborant, par exemple, un drapeau italien, mais dont l’origine était différente.

10. Instructions de préparation
Ces informations ne sont obligatoires que si cela s’avère nécessaire, c’est-à-dire quand l’absence d’instructions entraîne des difficultés d’utilisation de la denrée alimentaire.
11. Numéro de lot

Sa mention est obligatoire quand il n'y a pas de date de péremption. Dans ce cas, il doit comprendre au minimum le jour et le mois de la date de péremption. 

Si vous avez une plainte à propos d’un produit spécifique, ce numéro de lot vous permettra de faire clairement savoir au fabricant de quel produit il s’agit exactement.

12. Déclaration nutritionnelle

La valeur nutritionnelle d’un aliment préemballé doit obligatoirement figurer sur l’emballage. 

Plusieurs éléments doivent s’y trouver dans un ordre prédéterminé et de préférence sous forme de tableau, le tout exprimé par 100g ou 100 ml: 

  • valeur énergétique (Kj et Kcal)
  • matières grasses
  • acides gras saturés
  • glucides
  • sucres
  • protéines
  • sel 
  • d’autre éléments tels que les fibres alimentaires 
 
13. Labels

Les labels n’ont rien d’obligatoire. Ils confèrent au produit qui le porte un niveau de qualité ou le respect d'un certain nombre de critères prédéfinis. On pense au label « bio », par exemple.

Certains sont très utiles, d’autres le sont beaucoup moins. Il existe à l’heure actuelle de nombreux « labels vides » créés par les fabricants qui cherchent seulement à nous convaincre d’acheter un produit plutôt qu’un autre.

Plus d’informations pour s’y retrouver dans la jungle des labels alimentaires dans notre dossier. 

14. Suggestion de présentation

Une suggestion de présentation est comme son nom l’indique une illustration qui propose au consommateur une manière de présenter la denrée alimentaire en question, avec d’autres aliments (du persil, ou une tranche de pain par exemple).

15. Allégations nutritionnelles, de santé ou de marketing

Tout à fait optionnelles, les allégations sont des promesses figurant sur l’emballage des produits.

Elles peuvent être de deux sortes: allégations nutritionnelles (« riche en calcium », par exemple) ou allégations de santé (« la vitamine C renforce votre immunité », par exemple), qui sont réglementées au niveau européen. Pour en savoir davantage, consultez notre dossier sur les allégations.

Enfin, certains fabricants ont recours à des allégations sur les ingrédients afin de mettre en évidence d'autres qualités de leur produit (comme la mention « à la farine complète » sur l'emballage de pain burger). Celles-ci vous donnent beaucoup moins de garanties, car elles ne sont pas encadrées.