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Consomme-t-on plus ou moins de somnifères qu'avant?

03 septembre 2020

Ces dernières semaines, les médias ont fait état d’informations contradictoires au sujet de la consommation de somnifères. Selon l’Association pharmaceutique belge (APB), leur consommation serait en baisse, tandis que Farmaline affirme le contraire. Nous avons mené l’enquête et apportons toute la clarté en la matière.

Voici deux semaines, nous avons reçu un communiqué dans lequel l’Association pharmaceutique belge (APB) indiquait que la consommation de somnifères et de calmants avait diminué de 13% entre 2014 et 2019. Cette tendance se serait poursuivie au cours du premier semestre de 2020. Un communiqué qui avait de quoi nous satisfaire. Jusqu’à ce que nous lisions l’inverse quelques jours plus tard dans les journaux. La pharmacie en ligne Farmaline a enregistré ce printemps et cet été une augmentation de pas moins de 215% de la vente de somnifères par rapport à l’an dernier. Comment expliquer de tels messages contradictoires? 

La tendance à la baisse est effective...

Entre 2014 et 2019, la consommation de somnifères et de calmants a en effet diminué. Le président de l’APB, Lieven Zwarnepoel, y voit deux explications. D’une part, la campagne du SPF Santé publique, et d’autre part, le fait que les médicaments sont délivrés dans de plus petits conditionnements. Cela dit, la plupart des conditionnements des benzodiazépines contiennent 30 comprimés. Nous préférerions pourtant des emballages de 10 comprimés. En effet, une quantité plus élevée pousse à la consommation chronique.  

Nous avons été agréablement surpris d’apprendre que cette tendance s’est poursuivie au cours du premier semestre de 2020. En effet, il n’était pas exclu que le confinement et ses conséquences entraînent un regain d’anxiété et de stress, sources de troubles du sommeil. Lieven Zwaenepoel confirme en l’occurrence que si de nombreux nouveaux problèmes d’anxiété et de stress ont fait leur apparition, les soins apportés à ceux qui existaient déjà ont du être reportés. Ce qui explique que cette augmentation se soit fortement atténuée.

... l’inverse étant tout aussi vraie

Le fait que nous assistions à une tendance globale à la baisse ne signifie pas pour autant que les chiffres de Farmaline soient erronés. 

Tout d’abord, il s’agit d’un autre segment de marché. Chez Farmaline, seuls des produits non soumis à prescription sont disponibles. Une prescription reste nécessaire pour les somnifères classiques. L’augmentation se situe donc essentiellement au niveau des produits alternatifs.

Par ailleurs, il est indéniable que les pharmacies en ligne connaissent une croissance exponentielle depuis plusieurs années. Cette augmentation sensible de la vente de somnifères ce printemps et cet été pourrait donc plutôt être imputable au fait que les consommateurs ont évité les pharmacies physiques par peur du coronavirus. Dans d’autres secteurs aussi, le commerce en ligne a fortement progressé. 

Davantage de mesures requises

Même s’il est question d’une diminution, la consommation de somnifères et de calmants dans notre pays demeure préoccupante. Pour adopter des mesures plus ciblées visant à favoriser la consommation rationnelle de ces médicaments, l’AFMPS a lancé au début de l’année une enquête à grande échelle au sujet de leur consommation. Les résultats devraient être communiqués en octobre. Nous suivons cela de près.

 
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