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Dossier

Applications nutritionnelles et de santé: notre avis

23 janvier 2020

Yuka, Sleep Cycle, My Colruyt, My Fitness Pal, Open Food Facts... Toutes ces applications mobiles que l'on peut télécharger sur son smartphone se targuent de nous aider à améliorer notre alimentation et notre santé au quotidien. Mais ne nous veulent-elles réellement que du bien ? Pas toujours. Notre analyse.

Introduction

Elles s'appellent Yuka, Lifesum, Samsung ou Apple Health, My Fitness Pal (« MFP » pour les intimes) ou encore My Colruyt, Yazio… Vous en avez sûrement déjà entendu parler. Peut-être les utilisez-vous d'ailleurs déjà vous-mêmes.

Conviviales, ludiques pour certaines, ces applications mobiles, faciles à télécharger et à utiliser, veulent aider les consommateurs à acquérir un style de vie plus sain. Toutes font florès sur le net et cartonnent sur nos écrans portables.

Ces applis, que nous avons à portée de main 24h/24, peuvent-elles réellement nous aider, ou n’est-ce là qu’illusion et marketing déguisé ? Nous avons passé au crible quelques applications parmi les plus populaires.

Certaines, plutôt orientées transparence, voire éducation du grand public, prétendent aider à faire le tri parmi les milliers de produits disponibles sur le marché. Elles nous assistent pour décrypter les étiquettes et les compositions - et ainsi nous permettre de mieux déjouer nous-mêmes certaines allégations - dans la jungle des offres en alimentation, bien-être et santé, qui parsèment notre parcours quotidien de consommateur.

D'autres se prennent davantage pour des coachs virtuels nomades, jouant les apprentis diététiciens voire, carrément, les pseudo-praticiens de santé : jour après jour, elles nous guident pour manger plus équilibré et plus sain, faire des achats plus éco-responsables, perdre du poids, remplacer le gras par du muscle, analyser nos grains de beauté suspects. Leur technologie leur permet de mesurer certains paramètres de santé basiques comme l'activité physique/la sédentarité, le sommeil, la fréquence cardiaque, voire les addictions (caféine, par exemple). Une appli comme Medisafe va jusqu’à bipper pour rappeler à son utilisateur de prendre son médicament une fois l’heure venue (et jouer les mouchards auprès d'un proche en cas de non-prise). Il y en a vraiment pour tous les goûts. 

Notre analyse

Yuka

Principe

Une application française 100 % indépendante qui promet de nous aider à évaluer l’impact des produits (alimentaires et cosmétiques) sur la santé, et à ainsi choisir les meilleurs/moins mauvais en nous proposant des alternatives. Yuka intègre un scan qui, via le code-barres du produit, permet de connaître sa composition.

L’algorithme de notation de Yuka se base sur la composition nutritionnelle (Nutri-Score) pour 60 % du score final, les additifs (30 % du score) et la filière bio/non-bio (10 % du score). Le résultat est une triple cotation: une note sur 100, un code couleur (vert, jaune, orange, rouge) et un adjectif (excellent, bon, médiocre, mauvais).

La base de données mêle différentes sources, la plupart scientifiquement fondées, d’autres moins. On y retrouve ainsi Open Food Facts (OFF), le Nutri-Score, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), les labels bios "AB" (France) et "Eurofeuille" (Europe), mais aussi des études "indépendantes" et divers livres. 

Pour

L’objectif est louable puisqu’il s’agit de déjouer les pièges - notamment ceux des produits ultra-transformés - pour changer ses habitudes et essayer de consommer plus sainement. L’application ne fait pas toujours dans la nuance, mais elle a le mérite d’exister et de faire prendre conscience au public, gratuitement, de ce qu’il consomme. 

Contre

La promesse de départ tient du Graal car il est utopique, à l’heure actuelle, de croire qu’on peut "coter" un aliment. En nutrition, il n’y a pas de "bons" ni de "mauvais" aliment en soi. La question est davantage complexe et la réponse, nuancée.

Notre avis 

  • Yuka flirte parfois avec des présomptions (le bio est forcément meilleur, les produits avec édulcorants sont favorisés, les arômes sont classés parmi les additifs), ce qui peut fausser les résultats de l’algorithme et les alternatives présentées comme "plus saines". Des olives bios, par exemple, sont mieux cotées même si elles sont beaucoup plus salées que des non-bios. A qualités nutritionnelles égales, du miel non-bio (30/100) est qualifié de "médiocre" par rapport à son équivalent bio (60/100) décrété "bon". Or le bio est une obligation de moyens, pas de résultats.
  • Yuka privilégie clairement le principe de précaution en matière d’additifs. Quitte à être alarmiste. Or les notions de "risque" et de "danger" ne sont pas identiques. Le danger est une source potentielle de préjudice. Le risque, lui, prend en compte l’exposition : c’est la probabilité que ce danger survienne (ou non). Nous avons relevé pas mal d’incohérences. 
  • Les qualificatifs associés aux produits sont durs, les scores parfois stigmatisants. L’application discrimine certains produits. Or, tout est relatif : un produit déclaré "médiocre" par 100 g ne pose pas de problème si l’on n’en consomme que 5 g. Autre exemple : ce n’est pas parce que des céréales petit déjeuner sont bios qu’on peut en consommer tous les matins. Yuka permet certes de prendre de la distance avec le marketing, le greenwashing et les allégations santé, mais Yuka manque aussi de nuances. 
  • Si le scan est plutôt bon et rapide, l’encodage collaboratif par les utilisateurs, qui permet de compléter la banque de données, peut poser problème : tout oubli/erreur d’ingrédients, ou une mauvaise évaluation de pourcentages (de fruits/légumes/noix) fausse le calcul du nutri-score et discrédite l’appli dans son ensemble.

Yuka pour les cosmétiques

Un score est attribué sur base des ingrédients présents - reconnus en scannant le code-barres du produit, ou entrés manuellement. Le score délivre quatre notes possibles : risque élevé (rouge), risque modéré (orange), risque faible (jaune) ou aucun risque (vert). Les perturbateurs endocriniens, les allergènes, les substances irritantes et cancérigènes obtiennent une mauvaise note. Si un produit obtient un mauvais score, une alternative est recommandée.

Notre avis 

Yuka est une application pratique en termes de facilité d'utilisation et donne des résultats très simples. Mais l’app n’est pas toujours nuancée : elle ne tient pas compte de la quantité d'ingrédients, de la fréquence d'utilisation, de l'âge ni du sexe de l'utilisateur, de la durée pendant laquelle le produit reste en contact avec la peau, de l'endroit exact où il est appliqué sur la peau, du fait que la peau est endommagée ou non, etc. En outre, le score n’est pas basé sur des tests d’efficacité en laboratoire ni sur des tests d’utilisation par des consommateurs.

L'application nous semble particulièrement utile pour les personnes qui doivent éviter le contact avec certains ingrédients pour des raisons médicales, par exemple parce qu'elles y sont allergiques. Le consommateur moyen qui n'a pas de souci de ce genre pourrait être inutilement inquiété par une telle application.

 

Lifesum

Principe

On encode ses repas, soit par le nom de l’aliment, soit par reconnaissance du code-barres.

Pour

Jolie intro vidéo qui fait la part belle à la cuisine, au sport, à l’amitié, l’amusement. Les objectifs proposés sont intéressants, notons que pour une fois, il s’agit d’être en meilleure santé et pas forcément de maigrir. Le calcul des besoins énergétiques minimaux - soit un peu plus de 1 700 kcal pour une femme - est correct, mais l’appli ne demande pas le niveau d’activité. Les aliments sont facilement retrouvés (même du sirop de Liège !), les portions proposées sont efficaces.

Contre

Il faut créer un compte pour pouvoir utiliser l’appli, encoder ses données privées pour personnaliser les conseils et accepter toutes les conditions. Très vite, la version Premium est proposée pour avoir droit à davantage de fonctionnalités.

Dans la version gratuite, le détail nutritionnel des aliments n’est pas complet (réservé à la version payante), tout comme les recettes et le «Life Score».

Notre avis 

  • L’appli propose un apport de 20 % en protéines, ce qui est beaucoup : cela correspond à 1,5 g de protéines/kg de poids, c’est ce que l’on conseille chez les sportifs d’endurance mais c’est beaucoup trop pour M. ou Mme Tout-le-monde.
  • Il y a des erreurs de portions: une tasse de cacao avec 200 ml de lait équivaut à 149 kcal (et non 752 ou 366, dixit l’application) car une portion de cacao n’est pas de 100 g, mais bien de 13 g (1 cuiller à soupe). Une bouteille de Leffe Ruby ne correspond pas non plus à 1 kcal. 
  • Des problèmes d’incohérences, aussi, en partie liées aux différents petits smileys d’évaluation des aliments parmi lesquels il n’est pas simple de s’y retrouver. Le sucre, par exemple est affublé d’un smiley signifiant «niveau légèrement élevé de sodium, d’acides gras saturés ou de sucre mais néanmoins une bonne source de nutriments»… Ce qui est faux. Les frites sont au top («excellente source d’éléments nutritifs essentiels et de minéraux»). L’entrecôte est définie comme neutre, «pas la meilleure source en nutriments essentiels, mais ne vous fera pas de mal non plus»… Faux, là encore.
  • Le programme propose aussi des régimes sur base de quelques questions très larges, régimes assez populistes tels qu’on les voit aussi sur les réseaux sociaux (low carb, cétogène, jeûne, vegan), certainement pour coller à la demande des utilisateurs.
Open Food Facts

Principe 

En scannant le code-barres des produits, on peut voir leur Nutri-Score et leur classification NOVA (une cote de 1 à 4 évaluant le degré de transformation industrielle d’un aliment). Fonctionne pour l’alimentation et les cosmétiques.

Pour

Les nutriments (graisses saturées, matières grasses, sucres, sel) sont comptabilisés et notés avec une couleur, les additifs sont répertoriés (mais sans évaluation), de même que les allergènes et la présence (ou non) d’huile de palme. Liste des ingrédients (en texte et en photo), type de conditionnement et pays de vente également indiqués.

Contre

Le Nutri-Score n’apparaît parfois pas, d’autres fois, c’est le Nova qui n’est pas calculé, alors que toutes les données sont pourtant encodées. Ce n’est donc pas systématiquement complet.

Notre avis 

  • Open Food Facts (OFF) a lancé le bal des applications "food" par scannage du code-barres des produits dans un but de transparence vis-à-vis des consommateurs. L’objectif des deux fondateurs était de créer une base de données collaborative dont les produits sont encodés par les consommateurs eux-mêmes. La finalité est noble, puisque l’idée de départ était de faire un "wikipedia" des produits alimentaires pour l’information du consommateur, sans but lucratif. 
  • L’app est présente dans de nombreux pays (30.000 produits encodés pour la Belgique), disponible dans beaucoup de langues et sa base de données est mise à disposition de tous en open source. N’importe qui peut donc l’utiliser pour en faire n’importe quoi, sur base du principe du partage du savoir. Depuis le concept de départ, des vérificateurs contrôlent les données encodées.
  • OFF est plus complet sur ordinateur (via internet), et permet de jouer avec les données (aliments les plus sucrés, tri par catégories, comparaison dans la même catégorie).
My Colruyt

Principe

Application qui propose des recettes et les promos à disposition, qui permet de préparer sa liste de courses (avec les prix si on est enregistré auprès de son magasin de préférence) et de la transmettre à Collect and go pour commander. On peut se connecter avec sa carte "Xtra", mais ce n’est pas obligatoire.

Pour

Pas mal de recettes à disposition, classées selon les types de plats (poisson, viande, etc.), avec leur analyse nutritionnelle, et dont les ingrédients peuvent être exportés dans la liste de courses.

Contre

Ne fonctionne pas pour Bioplanet.

Notre avis 

  • On peut faire sa liste de courses en ajoutant les aliments en les cherchant directement par catégorie de produits, en scannant leur code-barres, ou encore en partant de ses derniers tickets de caisse. 
  • Dans les paramètres, on peut personnaliser son profil en choisissant par exemple son intolérance (lactose, gluten) et son mode de vie (sans alcool, halal, végétarien, végan): un pouce vert apparaît pour les produits qui correspondent à nos critères choisis.
 
Smart with food

Principe 

L’autre app de Colruyt, qui permet de paramétrer son profil pour définir des préférences (sans lactose, conservateurs, vegan, sans édulcorants), puis de scanner les produits pour obtenir leur Nutri-Score et savoir s’ils conviennent.

Pour

Pour beaucoup de produits, l’app propose une alternative dans ses magasins (Colruyt, Okay, Bioplanet), même si le produit correspond aux préférences.

Contre

Il faut scanner le produit pour voir les ingrédients. On ne sait pas faire une recherche de produits manuellement.

Notre avis

  • Plutôt limité au niveau des fonctionnalités. Faire une recherche de produits manuellement est toujours appréciable. Il aurait peut-être été bien d’intégrer ces quelques fonctionnalités à l’app My Colruyt.
My Fitness Pal

Principe

Application américaine à succès, dont le but premier n’est pas de scanner les produits pour connaître leur contenu (bien que ce soit possible), mais de gérer son alimentation et son activité physique pour mieux manger. On encode ses repas pour évaluer le nombre de calories ingurgitées, le programme déduit les calories des activités physiques de la journée. L’appli propose un journal alimentaire jour par jour, avec une synthèse des calories et un récapitulatif des nutriments.

Pour

L'objectif est personnalisé. On peut perdre du poids, le maintenir ou en prendre. On peut enregistrer un repas par défaut, par exemple un petit déjeuner habituel, ce qui est pratique.

Pour dissuader les comportements délétères pour la santé - par exemple si l’on encode des apports caloriques trop restrictifs sur une journée -, l’application préconise de revoir son alimentation et ne donne pas de message d’encouragement.

Contre

Il faut absolument créer un compte pour pouvoir l’utiliser. La recherche n’est pas évidente, le choix des portions n’est pas très intuitif (beaucoup de mesures américaines).

L’application propose sa version payante à quasi chaque étape.

Notre avis 

  • Une récente étude (de la KULeuven) a vérifié la pertinence des données de la base de données en la comparant avec celle de Nubel, qui est la référence en la matière en Belgique. Verdict : très bien, mis à part pour certains micronutriments, mais cela a finalement peu d’influence pour un consommateur lambda qui veut évaluer son alimentation.
  • Les recommandations énergétiques sont assez basses, celles en protéines sont vraiment très hautes alors que l’on mange suffisamment de protéines. A l’inverse, les recommandations en lipides, et surtout glucides, sont plutôt basses. Les unités des nutriments ne sont pas correctes, de même que les recommandations. Dès lors, le bilan n’est pas correct et ce, sans tenir compte du fait que la base de données (gratuite) ne contient pas tous les micronutriments.
  • Lorsqu’on synchronise avec un tracker d’activités (style Fitbit), on peut manger davantage. Si My Fitness Pal sous-évalue nos besoins, Fitbit, lui, surévalue les pas parcourus… Combiné à l’énorme difficulté d’évaluer correctement les portions (combien de beurre ou de confiture sur une tartine ? Les spaghetti, pesés crus ou cuits ?), on risque d’obtenir une image de son alimentation qui est loin de la réalité. Si l’on a choisi de maigrir et qu’on ingère les calories «gagnées» grâce à son activité de la journée, on augmente sa ration quotidienne et… on risque de ne pas maigrir au bout du compte.
  • Nous n’avons pas testé le premium, ni la communauté sur le site internet, mais avec tant d’imprécisions dans la version gratuite, surtout pour des utilisateurs qui ne s’y connaissent pas suffisamment, il faut vraiment prendre les résultats avec des pincettes. Il faudrait paramétrer manuellement les objectifs et connaître les portions exactes des produits, ce qui est fastidieux.

Yazio

Principe

Un planning alimentaire (maigrir, stabiliser son poids, se muscler) où l’on encode ce que l’on mange. Beaucoup de similarités avec My Fitness Pal, notamment pour la répartition protéines/lipides/glucides (20/30/50 %) de l’apport énergétique journalier.

Pour

Le design est soigné, avec des photos. Le français est correct. Les portions proposées sont usuelles, même pour le quidam pour qui il peut être compliqué d’évaluer, et le choix est vaste (c. à café, c. à soupe, 1 morceau, 1 tasse, 100 g). La recherche est facile et efficace, même pour des produits précis. Pas d’obligation de s’inscrire pour utiliser l’app.

Contre

Beaucoup d’options, même a priori basiques comme le détail des nutriments, sont réservées à la version payante ("Passer en pro").  

Notre avis 

  • Le programme propose un apport calorique total un peu bas (1 664 kcal) : sans doute comme s’il s’agissait d’une stabilisation après régime, cette restriction calorique volontaire étant censée éviter à l’utilisateur de reprendre du poids. Attention, stabilisation de poids n’équivaut pas à alimentation équilibrée. Les recommandations si l’on veut se muscler (2 039 kcal) correspondent davantage à une alimentation équilibrée avec une activité physique.

 

Medisafe

Principe

Une application (gratuite) de rappel de prise de médicaments (heure, dosage, fréquence). Possibilité d’ajouter un «MedFriend» (famille, soignants) pour surveiller et encourager l’observance. 

Parmi les autres fonctions, un rappel pour remplir votre stock de médicaments (pour vous assurer que vous pouvez continuer votre traitement sans interruption) et une option pour entrer manuellement différentes mesures liées à la santé comme la pression artérielle, les calories, la température, la glycémie, etc. En outre, des rapports sur l'évolution de la prise de médicaments sont mis à disposition et peuvent être partagés avec des professionnels de santé.

Disponible en néerlandais et en français.

Pour

Peut être utile aux patients qui prennent plusieurs médicaments pour des maladies chroniques (hypertension artérielle ou diabète, par exemple), et/ou qui ont des problèmes de compliance thérapeutique. L’appli peut se synchroniser avec celles des membres de la famille (les «MedFriends») et les alerter si la personne manque son médicament. Particulièrement utile pour les aidants qui gèrent plusieurs membres de la famille, chacun ayant son propre profil.

Contre

L’appli réussit-elle vraiment à augmenter l’observance du traitement ?

Notre avis

Certaines données de la littérature montrent que les rappels de médication peuvent augmenter le taux d’observance mais pour l’instant, il n’y a pas de preuve évidente que l’appli améliore la compliance dans la pratique. Une étude sur des patients hypertendus a montré une légère amélioration de l’observance, mais aucun changement dans la tension artérielle par rapport aux témoins.

 

Samsung Health

Principe

Appli gratuite, installée par défaut sur les smartphones Samsung, pour suivre divers aspects de la vie quotidienne liés au mode de vie, au bien-être et à la santé tels l’activité physique, l’alimentation et le sommeil. Via des capteurs intégrés ou des dispositifs tiers, mesure aussi la fréquence cardiaque, la consommation de caféine, la pression artérielle, la glycémie, etc. L’appli peut être connectée avec des dizaines d’autres, et les infos synchronisées. Disponible en néerlandais et en français.

Pour

Peut être utile pour avoir une idée de son style de vie et pour pouvoir analyser des paramètres liés à sa santé.

Contre

Il est peu sûr que toutes ces mesures soient correctes à 100 %. Et la question demeure, comme pour toute appli de ce genre : que faire avec cette montagne d’informations ? Vont-elles vraiment améliorer nos habitudes ou plutôt nous inquiéter et stresser ?

Notre avis

Nous ne décourageons pas l’utilisation, ni les personnes curieuses de rester (se remettre) en forme, mais nous avons des doutes sur l’utilité et le but ultime de ce genre d’appli "style de vie". Devons-nous connaître toutes ces données et les utiliserons-nous réellement ?

Sleep Cycle

Principe

Lorsque nous dormons, nous passons par différents cycles et phases de sommeil qui alternent entre sommeil léger et profond. Nous connaissons aussi des moments de sommeil paradoxal, où l'activité cérébrale se modifie radicalement - une phase propice aux rêves. Un cycle de sommeil complet dure généralement entre 90-120 minutes et se répète en principe plusieurs fois (4-5) par nuit.

L'application Sleep Cycle suit nos mouvements quand nous sommes au lit afin d'identifier ces différentes phases de sommeil, partant du postulat que des mouvements nombreux indiquent un sommeil léger et peu de mouvements, un sommeil profond. Deux méthodes de détection des mouvements : soit sonore via le micro (smartphone posé sur la table de nuit ou au sol), soit via l’accéléromètre du téléphone (posé sur le matelas). Mieux vaut le brancher sur le chargeur car l'application utilise en moyenne 30 % de la batterie.

L’application se targue aussi de réveiller l’utilisateur en phase de sommeil léger pour que son réveil soit plus naturel et donc moins «douloureux». Attention, l'application n'est pas disponible en néerlandais (mais bien en anglais).

Pour

Prendre conscience de son rythme de sommeil, voire détecter un élément perturbateur (un trouble comme l'apnée du sommeil, par exemple), peut être utile pour changer son comportement et/ou chercher un traitement.

Contre

Il faut garder son smartphone près de son lit, tout le monde n'aime pas ça.

Les algorithmes de ce genre d'appli ne sont pas validés par la littérature scientifique ni les études cliniques. Souvent, les résultats des applis de sommeil ne sont pas corrélés avec ceux d'une analyse par polysomnographie, un examen qui mesure aussi d’autres critères (respiration, activité cérébrale, mouvements des yeux, etc.).

Connaître son rythme de sommeil peut être contre-productif si ça devient une obsession (et ça rend le sommeil encore plus difficile).

Notre avis

L'application peut avoir une certaine utilité dans le sens où elle augmente la conscience de l'utilisateur quant à son sommeil et ses éventuels problèmes, du moins pour ceux qui sont curieux de le savoir. La question n'en reste pas moins de savoir ce qu'on fait de ces informations ensuite... Les personnes qui ont de gros soucis de sommeil qui affectent leur qualité de vie ont davantage intérêt à faire faire une analyse de sommeil en milieu professionnel (dans une «clinique du sommeil», par exemple). Les résultats seront beaucoup plus précis, plus rigoureux, et l'examen permettra à un vrai professionnel de donner des conseils avisés. 

SkinVision

Principe

Notre peau peut changer avec le temps et ce, pour diverses raisons: vieillissement, prédisposition génétique, exposition au soleil, allergies... Certains changements cutanés peuvent également être le signe d'une maladie. Le cancer de la peau peut se développer très lentement et passer inaperçu, ce qui rend difficile le suivi des changements cutanés. Or, plus ce cancer est détecté tôt, plus les chances de succès du traitement et la survie du patient sont grandes. Les signes de cancer cutané peuvent être des grains de beauté irréguliers, un changement de couleur (brun/noir), de taille, une asymétrie, etc.

L'application néerlandaise (dispositif médical portant le marquage CE) aide à évaluer les taches cutanées suspectes pour les types de cancer de la peau les plus courants, via une photo prise avec son smartphone. Dans les 30 secondes qui suivent l'envoi d'une photo, on reçoit une indication de risque (faible, élevé) signalant s'il y a similitude entre votre photo et les images de cancer de la peau dans la base de données de l'appli. Elle recommande ensuite de consulter (ou non) un professionnel de la santé pour un examen plus approfondi. En outre, SkinVision présente également quelques fonctionnalités supplémentaires : des conseils personnalisés en fonction de votre type de peau et de votre profil de risque, un archivage personnel de photos pour suivre la santé de votre peau dans le temps, et l'indice UV de votre lieu de résidence.

L’appli fait partie de la plateforme belge de santé «mHealthBelgium», initiative du gouvernement belge visant à valider et à essayer d'intégrer des applications de santé mobile dans notre système de santé.

Service payant, non disponible en français.

Pour

Sensibilise à la santé générale de la peau (conseils sur le type de peau et le profil de risque, importance des mesures préventives, auto-surveillance régulière et détection précoce des lésions éventuelles), donne une première indication rapide et à tout moment. Stocke les photos dans un dossier pour suivre l’évolution de la peau, et/ou pour les partager avec le médecin.

Contre

Il n'est pas toujours facile de faire une photo, le risque d’image inutilisable est réel. On ne peut pas toujours faire confiance aux résultats : l'analyse se fait uniquement sur base d’une photo, qui n’est pas forcément fiable. La qualité des images, qui a un impact significatif sur la précision du diagnostic, peut être influencée par plusieurs paramètres. En outre, l'application ne détecte pas tous les symptômes.

Risque de faux positifs (anxiété inutile) et de faux négatifs (rassuré erronément). Enfin, ce n’est qu’une première indication, il faut quand même consulter un médecin.

Notre avis

Peut être utile pour sensibiliser à la santé de la peau, mais la technique n’est certainement pas encore au point. SkinVision indique, en clause de non responsabilité, que son service n’est pas destiné à remplacer un professionnel et que son avis ne constitue pas un diagnostic. La sensibilisation au risque de cancer de la peau et la promotion de mesures préventives restent très importantes.

mySugr

Principe

Créée par des personnes diabétiques, l'application «mySugr» est un journal de bord numérique du diabète sur smartphone. EIle permet aux patients d'enregistrer leurs mesures de glycémie, leurs changements de mode de vie et d'autres données de santé en lien avec le diabète (consommation d'insuline, repas, informations nutritionnelles, prise de médicaments, activités, etc.) tout au long de la journée. L'appli crée une approche personnalisée pour gérer et évaluer les progrès dans le traitement du diabète.

Les données issues de l'autosurveillance de la glycémie et des appareils de surveillance continue de la glycémie peuvent être téléchargées automatiquement dans l'application, soit directement via Bluetooth ou, par exemple, via Apple Health. Elles peuvent également être synchronisées entre appareils via le «cloud». Dans l'Union européenne, l'application dispose également d'un calculateur de bolus (marqué CE) pour aider les utilisateurs dans leurs calculs de dose d'insuline, ainsi que de conseils pour se resucrer en cas d'hypoglycémie prévue. 

Pour

L'appli peut éventuellement aider à assumer le fardeau quotidien de la surveillance, du contrôle et de la prise en charge du diabète, en assurant le suivi des différents paramètres qui y sont liés. Peut éventuellement conduire à une plus grande prise de conscience et à une meilleure compréhension du diabète.

Contre

Bien que certaines études (dont certaines parrainées par l'entreprise) suggèrent que l'application a une utilité clinique, il est difficile de conclure qu'elle fonctionne vraiment et atteint son objectif d'améliorer la gestion du diabète. La plupart des résultats rapportés dans les études sont limités par leur conception d'observation rétrospective, à partir de laquelle aucune relation de cause à effet claire ne peut être établie.

Notre avis

Pour les patients diabétiques qui veulent obtenir de l'aide pour gérer leur maladie, il n'y a pas de mal à essayer l'application. Mais il ne faut pas s'attendre à ce que cela serve de guide ultime dans la gestion du diabète. Il faut quand même gérer sa maladie soi-même.

Migraine Buddy

Principe

L'application Migraine Buddy permet d'enregistrer et d'identifier tous les aspects d'une crise migraineuse, comme les facteurs déclenchant, les symptômes, les médicaments, la fréquence, la durée, l'intensité de la douleur, l'apparition de la douleur, l'emplacement, les soulagements et les facteurs liés au mode de vie. Des éléments déclencheurs sont prédéfinis, comme l'anxiété, le stress, l'effort physique, certains aliments ou encore le manque de sommeil. L'appli fournit des rapports qu'il est possible de partager avec son médecin. Il est également possible de suivre l'impact des variations de pression météorologique sur les crises de migraine. Vous pouvez partager votre état migraineux, vos conseils et vos sentiments avec vos «amis» dans l'application.

Autre caractéristique, un système intelligent de détection du sommeil qui peut suivre automatiquement les habitudes de sommeil et permet aux utilisateurs de voir la corrélation entre sommeil et migraine. Le manque ou l'excès de sommeil peuvent être des éléments déclencheurs de crises migraineuses. 

Pour

Peut éventuellement mener à une meilleure compréhension de la migraine (ce qui déclenche, structure des symptômes, fréquence, méthodes de soulagement possibles, etc.) et aide à comprendre l'efficacité des médicaments et autres méthodes de traitement. L'appli pourrait ainsi améliorer l'autogestion de la migraine et autres céphalées.

Peut aider à trouver les facteurs déclenchant probables (météo, pression, nourriture, bruit, etc.) associés aux migraines afin d'essayer de les prévenir.

Les utilisateurs de l'application peuvent également partager les symptômes de migraine, la fréquence, l'intensité de la douleur et les traitements avec un médecin.

Contre

Malgré la disponibilité de nombreuses applications mobiles pour les migraines et céphalées, les données probantes à l'appui de leur efficacité sont faibles. La littérature actuelle indique que les applications mobiles ont le potentiel d'améliorer les soins aux personnes qui souffrent de maux de tête, mais cela reste encore à prouver par des études rigoureuses.

Notre avis

Les patients souffrant de migraines peuvent trouver utile d'enregistrer leurs crises et d'en avoir une vue d'ensemble. Cependant, il n'y a pas de preuve claire que l'application puisse atteindre son objectif, à savoir l'amélioration de l'autogestion de la migraine.

Apple Health

Principe

Source de toutes les données de santé numériques sur l'iPhone (activité physique quotidienne, poids, maladies chroniques, sommeil, séances de méditation, fréquence cardiaque, dossiers médicaux, etc.) L'app, pré-installée, combine et assure le suivi de toutes sortes de données de santé provenant d'autres sources en un seul endroit où l'on peut les consulter.

Autre élément de cette application, le "Medical ID": équivalent numérique des données médicales d'urgence que les premiers secours (et d'autres personnes) peuvent utiliser dans les situations où l'on n'est pas en mesure de les fournir. L'ID Medical est accessible à partir de l'écran d'appel d'urgence de l'iPhone, donc, en cas d'accident, il est toujours accessible. L'app fournit les données de base comme le nom, la date de naissance, les contacts à prévenir en cas d'urgence, l'état de santé, les allergies. etc.  

Pour

Potentiellement utile aux personnes qui veulent avoir un aperçu de leur santé et qui aiment pouvoir analyser une gamme de paramètres en lien avec la santé. 

Contre

La mesure de tous ces paramètres est-elle correcte à 100%? Il est permis de douter. Et à nouveau, la question demeure : que faisons-nous réellement de toutes ces informations ? Le fait de les connaître peut-il vraiment changer nos comportements de santé ? 

Notre avis

Configurer le tableau de bord, utiliser les (nombreuses) applications tierces, consulter les statistiques de santé... ce n'est là que la moitié de la bataille. Le vrai défi consiste à faire quelque chose de tous ces chiffres qui s'affichent sur l'écran et qui peuvent paraître insurmontables.

Introduction

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 2 Commentaires

User name
VIRGINIE
21-02-2020

J'ai téléchargé et testé Migraine Buddy qui permet de répertorier tous les symptômes des migraines ainsi que les élements déclencheurs.
L'avantage de cette appli est qu'elle permet d'avoir une vue globale et détaillée sur des épisodes migraineux. Par contre, elle n'aide pas vraiment à la gestion ou la prise en charge des migraines. C'est une appli très complète mais l'utilisation est parfois fastidieuse et il faut l'utiliser régulièrement, ce qui n'a pas toujours été mon cas...

User name
AMELIE DE DONNEA
25-02-2020

J'utilise régulièrement My Fitness Pal (juste pour rentrer mon poids et ainsi voir l'évolution sur un graphique) et aussi Clue. SI elles ont leurs limites, ces app aident quand même a avoir un contrôle et une vue d'ensemble.