Dossier

Si vous voulez préparer votre fin de vie

05 novembre 2019

05 novembre 2019
Vous pouvez régler vous-même, jusqu’à un certain point, ce qu’il adviendra de vous à la fin de votre vie, tant pour ce qui concerne votre corps que vos biens. De la déclaration de volonté négative et de l’acceptation explicite du don d’organes, jusqu’à la donation et au testament. 

Décider maintenant pour son corps à l’avenir

Voici six dispositions que vous pouvez mettre par écrit pour déterminer ce que vous désirez pour votre corps dans le cas où vous ne seriez plus en mesure de l’exprimer vous-même le moment venu. Si vous tombez gravement malade, par exemple ou après votre décès.

 

La déclaration de volonté négative

C’est quoi ?

Avec cette déclaration, vous décidez des traitements ou examens que vous ne voulez pas subir plus tard si vous êtes gravement malade et n’êtes plus en état de le formuler vous-même, à la suite d’une hémorragie cérébrale, d’une démence ou d’un coma par exemple. Il peut, notamment, s’agir de refuser des antibiotiques, une hospitalisation, l’alimentation ou l’hydratation artificielle, la réanimation, la respiration artificielle, la chimiothérapie, les soins intensifs, un CT-Scan, une IRM…

Comment l’organiser ?

Un document type a été publié à l’initiative de l'association flamande LEIF (LevensEinde InformatieForum). Vous trouverez sur leur site une brochure traduite en français, reprenant les déclarations possibles en matière de santé.                

Mieux vaut rédiger votre déclaration de volonté négative avec l’aide d’un médecin/prestataire de soins. Si vous le souhaitez, vous pouvez inclure la désignation d’un "mandataire" dans le même document. Vous déterminez de cette façon la personne que vous chargez de veiller à son application, le moment venu. L’intéressé doit cosigner le document. Si vous n’avez désigné personne, quelqu’un de votre famille peut agir en votre nom, selon un ordre fixé par la loi.

La déclaration anticipée d’euthanasie

C’est quoi ?

Vous décidez maintenant que vous souhaitez l’euthanasie si vous vous trouvez dans un coma irréversible et que vous n’êtes plus en état de la demander. Mais attention : cela ne concerne que le coma irréversible. Ce document ne pourra donc pas servir si, par exemple, vous tombez dans un état de démence.

Comment l’organiser ?

Vous trouverez un document type sur le site du SPF Santé publique.

La déclaration doit être établie en présence de deux témoins majeurs, qui doivent la signer. L’un des deux au moins ne peut pas avoir d’intérêt matériel à votre décès, en tant qu’héritier ou légataire.

Si vous n’êtes physiquement plus en état de rédiger ou de signer la déclaration, cela doit être attesté par un certificat médical exposant les raisons de cette incapacité.

Un exemplaire original du document doit être remis à tous les cosignataires. Et il faut un exemplaire supplémentaire si vous désirez que la déclaration soit enregistrée à la commune.

Dans ce cas également, vous pouvez désigner dans le document une personne de confiance, qui veillera à l’application de ce document le moment venu. Ce peut être l’un des témoins, mais pas le médecin qui vous traite ou que vous avez consulté, ni un membre du personnel soignant ou infirmier.

La demande actuelle d’euthanasie

C’est quoi ?

Vous décidez que vous souhaitez l’euthanasie le jour où, suite à une maladie grave ou à un accident, vous vous trouvez dans un état jugé médicalement sans issue et qui vous occasionne des souffrances physiques ou psychiques insupportables et inapaisables.

Comment l’organiser ?

Elle peut être très brève, pour autant qu’elle exprime sans équivoque votre volonté d’être euthanasié, et que le document soit daté et signé. Vous en trouverez un exemple dans la brochure en français que vous trouverez sur le site de LEIF.  

Si vous avez moins de 18 ans, mais que vous avez la capacité de discernement (attestée par un psychologue ou un pédopsychiatre), vos parents doivent marquer leur accord par écrit.

Si vous n’êtes pas en état de rédiger vous-même la demande, vous pouvez la faire établir par une autre personne qui ne peut pas avoir d’intérêt matériel à votre décès, en tant qu’héritier ou légataire. Cette personne devra obligatoirement le faire en présence d’un médecin.

Le consentement ou le refus explicite du don d’organe

C’est quoi ?

Vous donnez explicitement votre autorisation au don de vos organes en vue d’une transplantation après votre décès ou  vous vous y opposez explicitement.  

Comment l’organiser ?

Chaque commune met un document officiel à disposition. Mais vous n’êtes pas obligé de faire cette déclaration via votre commune. N’importe quel mode d’expression sans ambiguïté suffit, qu’il s’agisse d’une déclaration non enregistrée, d’un testament ou d’une lettre à la famille par exemple.

Léguer son corps à la science

C’est quoi ?

Vous décidez qu’après votre décès, votre corps doit servir à la recherche médicale.

Comment l’organiser ?

L’université de votre choix vous remettra un document type Il doit être établi en deux exemplaires : un pour vous, et l’autre pour l’université.

La déclaration concernant les modalités de vos funérailles

C’est quoi ?

Vous décidez de tous les aspects liés à votre décès. Votre dépouille mortelle doit-elle être inhumée ou incinérée ? Dans ce second cas, que faut-il faire des cendres (enterrer l’urne, la placer dans un columbarium, disperser les cendres sur la pelouse de dispersion/en mer/ailleurs…) ? Selon quelle philosophie vos funérailles devront elles se dérouler (catholique, hébraïque, islamique…), ou refusez-vous toute cérémonie ? Voulez-vous une commune en particulier pour votre dernière demeure ? Vous pouvez aller plus loin encore, et organiser, par exemple, la réception après les obsèques.

Si vous avez souscrit une assurance décès, mieux vaut le signaler.

Comment l’organiser ?

Chaque commune met un document type à disposition.

Validité
  • Il va de soi que toutes ces déclarations ne sont possibles que si votre état mental le permet encore.
  • Vous pouvez modifier ou retirer complètement toute déclaration à tout moment, pour autant que vous soyez en état de le faire consciemment.
  • Tant que vous ne l’avez pas fait, vos déclarations restent valables sans limites de temps. À une exception près. Actuellement, la déclaration anticipée relative à l’euthanasie n’est valable que cinq ans, après quoi vous devrez la renouveler si vous confirmez cette demande. Elle ne sera automatiquement renouvelée que si, à cette échéance, vous n’êtes plus en état de le faire vous-même. La durée maximum légale a été prolongée en mai 2019 déjà, mais les nouvelles dispositions n’entreront en vigueur que quand elles auront fait l’objet d’un Arrêté royal. Nous vous tiendrons informés.  

Conseils

Si vous prenez la peine de rédiger vos dernières volontés, c’est évidemment dans le but qu’on en prenne connaissance à temps, le moment venu. 

  • Vous pouvez faire inclure tous les documents relatifs, directement ou indirectement, à votre état de santé dans votre dossier médical par votre médecin et vos autres médecins traitants.
  • Mieux vaut également informer de ses souhaits au moins sa famille proche ou un ami.
  • Différents documents peuvent être enregistrés auprès de la commune. Ils sont alors repris dans une banque de données électronique nationale, que les professionnels de la santé peuvent consulter.
  • Vous pouvez parfois profiter du document pour désigner vous-même une personne de confiance. Mais vous pouvez tout aussi bien le faire dans un document distinct (pour un document type, voir le site du SPF Santé publique
  • Il y a aussi la carte LEIF, une initiative de l’organisation flamande LEIF (LevensEinde InformatieForum). Cette carte dans votre portefeuille, permet de savoir immédiatement quels documents vous avez établis et qui contacter en cas de nécessité. Plastifiée, elle a les dimensions d’une carte de banque et s’obtient gratuitement sur internet (www.leif.be/leifkaart).