Une mauvaise qualité de l’air due à une ventilation insuffisante dans les centres commerciaux
Même les jours de semaine plus calmes, la ventilation fait défaut dans les centres commerciaux, comme le montre notre test. Dans pas moins de la moitié des centres visités, l’air n’est pas suffisamment renouvelé, ce qui entraîne parfois des concentrations de CO₂ très élevées. Une mauvaise nouvelle pour les clients, et surtout pour le personnel qui y travaille.
Sur cette page
- Qu’est-ce qu’un air intérieur de bonne qualité ?
- Qu’est-ce qu’un air intérieur de bonne qualité ?
- Pourquoi la qualité de l’air dans les centres commerciaux est-elle si importante ?
- Comment avons-nous testé la qualité de l’air dans les centres commerciaux ?
- Quelles normes s’appliquent à la qualité de l’air intérieur ?
L’air extérieur n’est pas le seul à pouvoir être pollué : l’air intérieur peut l’être aussi. Pire encore, la qualité de l’air à l’intérieur est souvent plus mauvaise qu’à l’extérieur. Après notre test sur la qualité de l’air dans les hôpitaux belges, nous avons mené une enquête similaire dans 25 centres commerciaux couverts en Belgique.
Même si nous n’avons pas analysé spécifiquement les différents polluants potentiels présents dans l’air intérieur, les mesures du taux de CO₂ nous ont permis de constater que, dans de nombreux centres commerciaux, la ventilation est insuffisante et que l’air intérieur n’est pas assez renouvelé. Résultat : non seulement les substances nocives, mais aussi les agents pathogènes comme les virus et les bactéries peuvent s’y accumuler.
Découvrez dans quels centres commerciaux et dans quelles zones vous respirez l’air le plus pollué.
Découvrez les résultats de notre test
Vers le haut de la pageQu’est-ce qu’un air intérieur de bonne qualité ?
Depuis la crise du coronavirus, nous sommes davantage conscients de l’importance d’une bonne qualité de l’air dans les espaces intérieurs. Nous passons 80 à 90 % de notre temps à l’intérieur, que ce soit à la maison, au travail, à l’école ou dans un magasin.
Contrairement à ce que l’on pense souvent, l’air intérieur n’est pas plus propre que l’air extérieur, bien au contraire. Il est même cinq à dix fois plus pollué que l’air extérieur !
La qualité de l’air se définit à partir de quatre aspects :
- La température (idéalement entre 20 et 24 °C) et l’humidité de l’air (idéalement entre 40 et 60 %). Un air trop sec irrite les muqueuses (yeux, nez, gorge) et la peau, tandis qu’un air trop humide favorise le développement de moisissures et d’allergènes comme les acariens.
- La concentration de CO₂. Un taux de CO₂ trop élevé indique une ventilation insuffisante, ce qui permet à d’autres polluants de s’accumuler. Le Code du bien-être au travail fixe un plafond de 900 ppm de CO₂ sur le lieu de travail, ou un débit de ventilation minimal de 40 m³/heure/personne.
- Les polluants chimiques. La qualité de l’air est considérée comme bonne lorsque la présence de substances nocives est minimale, notamment les composés organiques volatils (COV) comme le formaldéhyde et le benzène. Ces substances peuvent être émises par les matériaux de construction, les meubles, les parfums et les produits de nettoyage.
- Les polluants biologiques et les particules fines. Les substances biologiques telles que les moisissures, bactéries, virus et allergènes doivent également être présentes en quantité minimale dans l’air, tout comme les particules fines.
Un air de mauvaise qualité peut non seulement provoquer des troubles respiratoires, mais aussi des allergies, de la fatigue, des muqueuses irritées, des maux de tête, des vertiges, de l’asthme et des maladies cardiovasculaires.
Quels polluants peuvent se trouver dans l’air ?
Les centres commerciaux constituent des écosystèmes à part entière. Situés souvent le long d’axes routiers très fréquentés, ils laissent pénétrer des gaz d’échappement provenant de l’extérieur. Mais l’air est également pollué à l’intérieur par les activités, l’aménagement et les personnes elles-mêmes.
Des filtres encrassés ou un mauvais entretien des systèmes de ventilation, de chauffage et de climatisation peuvent en outre favoriser le développement de moisissures et de bactéries, qui sont ensuite diffusées dans l’ensemble du bâtiment.
Ces substances polluent l'air intérieur
Vers le haut de la pageQu’est-ce qu’un air intérieur de bonne qualité ?
Depuis la crise du coronavirus, nous sommes davantage conscients de l’importance d’une bonne qualité de l’air dans les espaces intérieurs. Nous passons 80 à 90 % de notre temps à l’intérieur, que ce soit à la maison, au travail, à l’école ou dans un magasin.
Contrairement à ce que l’on pense souvent, l’air intérieur n’est pas plus propre que l’air extérieur, bien au contraire. Il est même cinq à dix fois plus pollué que l’air extérieur !
La qualité de l’air se définit à partir de quatre aspects :
- La température (idéalement entre 20 et 24 °C) et l’humidité de l’air (idéalement entre 40 et 60 %). Un air trop sec irrite les muqueuses (yeux, nez, gorge) et la peau, tandis qu’un air trop humide favorise le développement de moisissures et d’allergènes comme les acariens.
- La concentration de CO₂. Un taux de CO₂ trop élevé indique une ventilation insuffisante, ce qui permet à d’autres polluants de s’accumuler. Le Code du bien-être au travail fixe un plafond de 900 ppm de CO₂ sur le lieu de travail, ou un débit de ventilation minimal de 40 m³/heure/personne.
- Les polluants chimiques. La qualité de l’air est considérée comme bonne lorsque la présence de substances nocives est minimale, notamment les composés organiques volatils (COV) comme le formaldéhyde et le benzène. Ces substances peuvent être émises par les matériaux de construction, les meubles, les parfums et les produits de nettoyage.
- Les polluants biologiques et les particules fines. Les substances biologiques telles que les moisissures, bactéries, virus et allergènes doivent également être présentes en quantité minimale dans l’air, tout comme les particules fines.
Un air de mauvaise qualité peut non seulement provoquer des troubles respiratoires, mais aussi des allergies, de la fatigue, des muqueuses irritées, des maux de tête, des vertiges, de l’asthme et des maladies cardiovasculaires.
Quels polluants peuvent se trouver dans l’air ?
Les centres commerciaux constituent des écosystèmes à part entière. Situés souvent le long d’axes routiers très fréquentés, ils laissent pénétrer des gaz d’échappement provenant de l’extérieur. Mais l’air est également pollué à l’intérieur par les activités, l’aménagement et les personnes elles-mêmes.
Des filtres encrassés ou un mauvais entretien des systèmes de ventilation, de chauffage et de climatisation peuvent en outre favoriser le développement de moisissures et de bactéries, qui sont ensuite diffusées dans l’ensemble du bâtiment.
Ces substances polluent l'air intérieur
Vers le haut de la pagePourquoi la qualité de l’air dans les centres commerciaux est-elle si importante ?
Les centres commerciaux sont fréquentés par des familles entières, y compris des personnes plus vulnérables comme les personnes âgées, les femmes enceintes ou les jeunes enfants, souvent pendant plusieurs heures d’affilée. Sans oublier les centaines de membres du personnel qui y travaillent.Lors des périodes de forte affluence, comme les week-ends, les fêtes de fin d’année ou les soldes, les centres commerciaux rassemblent un très grand nombre de personnes sur une surface relativement réduite, ce qui en fait des lieux propices à la propagation d’agents pathogènes.
Les conséquences d’un air de mauvaise qualité dans les centres commerciaux
Les effets d’une mauvaise qualité de l’air dans des lieux très fréquentés comme un centre commercial se font sentir sur le plan de la santé et du bien-être psychologique, mais aussi sur le plan économique.À court terme
Les visiteurs et les membres du personnel peuvent souffrir de troubles physiques tels que maux de tête, fatigue, problèmes de concentration, vertiges, nausées, ainsi que d’irritations des yeux, du nez et de la gorge. Une ventilation insuffisante et la présence de substances chimiques et de particules fines sont souvent à l’origine de ce que l’on appelle le « syndrome du bâtiment malsain ».Chez les personnes sensibles, ces symptômes peuvent être plus graves, comme des allergies ou des crises d’asthme. En outre, une mauvaise ventilation augmente le risque de propagation de maladies contagieuses telles que les rhumes, la grippe ou le covid.
À long terme
L’inhalation prolongée de polluants, notamment chez les travailleurs, peut entraîner des maladies graves comme des affections pulmonaires chroniques, des maladies cardiovasculaires et certains cancers. Les particules fines et les substances chimiques telles que le benzène et le formaldéhyde sont particulièrement dangereuses.Outre les problèmes physiques, les conséquences psychologiques et économiques ne sont pas à sous-estimer. Une mauvaise qualité de l’air peut provoquer du stress et de l’insatisfaction chez les visiteurs comme chez les employés. Cela se traduit par des visites plus courtes, moins de clients, davantage d’absentéisme et une baisse de la productivité, avec une perte de revenus à la clé. Vers le haut de la page
Comment avons-nous testé la qualité de l’air dans les centres commerciaux ?
Comme pour l’enquête sur la qualité de l’air dans les hôpitaux, nous avons envoyé à l’automne 2025 des clients mystères équipés d’un appareil de mesure de la concentration de CO₂. Ils ont ainsi visité les 25 plus grands centres commerciaux couverts de Belgique :
- 10 en Flandre : Shopping Center Den Tir et Stadsfeestzaal Shopping Center à Anvers, Shopping 1 à Genk, Promenade à Kapellen, Ring Shopping Kortrijk Noord et K à Courtrai, M2 à Maasmechelen, Ninia Shopping à Ninove, Waasland Shopping Center à Saint-Nicolas, Wijnegem Shop Eat Enjoy à Wijnegem.
- 5 à Bruxelles : Basilix Shopping, City 2, CenterDocks Bruxsel, Westland Shopping Center, Woluwe Shopping Center.
- 10 en Wallonie : Grands Prés à Mons, Rive Gauche et Ville 2 à Charleroi, Shopping Les Bastions à Tournai, L’Esplanade à Louvain-la-Neuve, Belle-Île et Médiacité à Liège, Shopping Cora Messancy à Messancy, Centre Commercial de Nivelles à Nivelles, Shopping Center Douaire à Ottignies.
Pour nos mesures, les enquêteurs anonymes ont utilisé un appareil professionnel et portable (Testo 315-3). Cet appareil est simple d’utilisation : toutes les 30 secondes, il affiche automatiquement la concentration de CO₂ en ppm à l’écran. Il a d’abord été étalonné par une mesure de l’air extérieur (où la concentration de CO₂ se situe autour de 500 ppm).
Nos testeurs se déplaçaient de la manière la plus discrète possible, avec des instructions claires pour ne pas influencer les résultats (par exemple : ne pas se placer près des portes ou des fenêtres, ni à hauteur du visage). Les mesures n’étaient notées qu’après plusieurs minutes de stabilité. Le nombre de personnes présentes et la surface estimée étaient également consignés afin d’avoir une idée du taux d’occupation des espaces.
Pourquoi mesurer la concentration de CO₂ ?
Mesurer directement la quantité de virus, de bactéries et des différents polluants présents dans l’air est complexe. Le CO₂ (dioxyde de carbone), que nous expirons, est en revanche beaucoup plus facile à mesurer. Sa concentration dans un espace dépend du nombre de personnes, de leurs activités et de la qualité de la ventilation.
Mesurer le CO₂ permet donc d’obtenir une bonne indication de la qualité de l’air dans un espace fermé. Une valeur élevée de CO₂ indique une ventilation et un renouvellement de l’air insuffisants. Plus la ventilation est mauvaise, plus le risque d’accumulation de virus, de bactéries, de substances chimiques ou de moisissures dans l’air est élevé.
Le CO₂ lui-même peut également provoquer des symptômes à des concentrations élevées. À partir de 1 000 ppm, des maux de tête, de la fatigue, une baisse de la concentration et d’autres symptômes du « syndrome du bâtiment malsain » peuvent apparaître. Il est donc recommandé de maintenir les concentrations de CO₂ en dessous de ce seuil grâce à une ventilation suffisante ou à l’utilisation d’un purificateur d’air.
Quelles normes s’appliquent à la qualité de l’air intérieur ?
Les normes auxquelles doit répondre la qualité de l’air dans les centres commerciaux sont définies par :
- Le Code du bien-être au travail, déjà en vigueur sur les lieux de travail, y compris pour le personnel des commerces et de l’horeca ;
- La loi sur la ventilation ou loi sur la qualité de l’air intérieur (QAI), qui sera introduite progressivement à partir du 1ᵉʳ janvier 2027 pour les espaces fermés accessibles au public.
En savoir plus sur ces normes.
Dans des espaces correctement ventilés, la concentration maximale de CO₂ ne doit pas dépasser 900 ppm, ce qui correspond à un débit de ventilation minimal de 40 m³/heure/personne, dont 25 m³/heure/personne doivent provenir d’air extérieur frais.
Des valeurs de CO₂ comprises entre 900 et 1 200 ppm indiquent une ventilation insuffisante et nécessitent un apport supplémentaire d’air frais, par exemple par l’aération. À partir de 1 200 ppm, la ventilation est jugée inadaptée.
Ventilation insuffisante dans les centres commerciaux
Dans pas moins de 18 des 25 centres commerciaux visités, une concentration de CO₂ supérieure à 900 ppm a été mesurée à un ou plusieurs endroits.
Dans quels centres commerciaux respirez-vous de l’air de mauvaise qualité ?
Vers le haut de la pageDans seulement un quart des centres commerciaux visités (7 sur 25), la qualité globale de l’air semble bonne. Dans 18 des 25 centres, une concentration de CO₂ supérieure à 900 ppm a été relevée à un ou plusieurs endroits, et dans près de la moitié (12 sur 25), le CO₂ a dépassé 1 000 ppm dans au moins deux zones.
Ces mesures doivent toutefois être relativisées : elles ont été effectuées en semaine. Si elles avaient eu lieu lors de journées plus fréquentées, comme le week-end ou pendant les soldes, il est probable que tous les centres commerciaux auraient affiché des valeurs de CO₂ trop élevées.
En résumé, il existe un problème généralisé de renouvellement de l’air dans les centres commerciaux. Cela peut poser des risques pour le personnel et pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires, et favoriser l’apparition du syndrome du bâtiment malsain.
Un signal clair qu’il est nécessaire de disposer de systèmes de ventilation mécanique efficaces, comme l’exigera prochainement la législation sur la qualité de l’air intérieur (QAI).
Par ailleurs, aucun centre commercial n’affiche ses valeurs de CO₂ sur un écran, ce qui empêche les visiteurs d’évaluer la qualité de l’air.
Meilleure ventilation à l’entrée et dans les couloirs centraux
Les valeurs de CO₂ les plus basses ont été mesurées aux entrées. Cela s’explique par les portes automatiques qui s’ouvrent fréquemment, permettant à l’air extérieur d’entrer et de diluer les polluants.
Une exception toutefois : le Woluwe Shopping Center, dont l’entrée est reliée à un parking et où des valeurs élevées (1 000 ppm) ont été mesurées. Le Waasland Shopping Center, Rive Gauche et le Shopping Center Douaire affichaient également des valeurs plus élevées (au-dessus de 900 ppm).
Les couloirs centraux présentent eux aussi de faibles concentrations de CO₂, comparables à celles des halls d’entrée, car il s’agit d’espaces ouverts.
Ventilation problématique dans les magasins et les zones de restauration
Près d’un tiers des magasins analysés présentaient des valeurs moyennes de CO₂ supérieures à 900 ppm, dont 14 magasins au-delà de 1 000 ppm, avec des pics dépassant 1 200 ppm. Cela peut poser des problèmes pour le personnel qui y travaille toute la journée et pour les clients sensibles.
Les causes possibles de ces concentrations élevées sont l’affluence, une ventilation défaillante ou un apport insuffisant d’air frais, même lorsque les portes sont ouvertes.
Dans les zones de restauration et les établissements horeca, des valeurs supérieures à 900 ppm ont été mesurées dans 14 des 25 centres, et dans 9 d’entre eux, elles dépassaient même 1 000 ppm, avec des pics allant jusqu’à 1300 ppm. Comme les personnes y restent plus longtemps assises, le niveau de CO₂ augmente plus rapidement. Le fait que l’on y parle et que l’on s’y déplace accroît également le risque de transmission d’agents pathogènes.
La pire ventilation se trouve dans les toilettes
Dans les toilettes, des concentrations de CO₂ allant jusqu’à 1 720 ppm ont été mesurées. En raison de la petite taille des espaces, le taux de CO₂ y augmente rapidement, malgré la présence de systèmes de ventilation. Les émanations de produits de nettoyage peuvent aussi poser problème.
Les toilettes constituent ainsi les zones les plus mal ventilées de tous les lieux mesurés. Dans 13 centres commerciaux, les valeurs de CO₂ y dépassaient 900 ppm, et dans 9 d’entre eux, elles étaient même supérieures à 1 000 ppm.
Nos conseils
- Évitez les heures de pointe et les week-ends très fréquentés pour faire vos achats. L’air est généralement meilleur le matin, à l’ouverture des magasins.
- Allez régulièrement dans les couloirs centraux pour respirer un air plus frais. Grâce au grand volume d’air, celui-ci y est moins pollué.
- Si vous ressentez une chaleur « étouffante » ou une odeur de renfermé dans un magasin ou un établissement horeca, évitez d’y rester trop longtemps. Plus un magasin est petit et bondé, plus le risque de mauvaise qualité de l’air est élevé. Les zones de restauration surchargées et bruyantes sont souvent aussi mal ventilées.
- Les personnes sensibles devraient éviter les centres commerciaux couverts en hiver et en période d’épidémie de grippe. Si vous décidez malgré tout de vous y rendre, portez un masque FFP2 pour vous protéger.
