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Nitrites et cancer liés : voici comment réduire notre exposition via l'alimentation

19 juillet 2022
lien entre nitrites/nitrates et cancer colorectal, il faut réduire notre exposition via l'alimentation, notamment la charcuterie

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Anses) confirme les soupçons : nitrites & nitrates sont associés à un risque de cancer colorectal. Il faut réduire notre exposition à ces composés, entre autres en mangeant moins de viande transformée et de charcuterie aux additifs nitrités.

L'avis scientifique, attendu de longue date, est tombé : au regard des connaissances scientifiques actuelles sur les effets des nitrites et nitrates sur la santé, nous devons limiter notre exposition à ces substances, annonce l'Anses.

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments confirme ainsi le lien cancérogène que nous dénonçons depuis des années en tant qu'association de consommateurs.

Nitrites, nitrates et cancer : ce que disent les experts

Les nitrites et les nitrates sont connus pour engendrer la formation de composés nitrosés, dont certains sont cancérogènes et génotoxiques.

Notre dossier sur les nitrites et les nitrates

Après analyse des données les plus récentes, l'Agence sanitaire française corrobore « l’existence d’une association entre le risque de cancer colorectal et l’exposition aux nitrites et/ou aux nitrates, qu’ils soient ingérés par la consommation de viande transformée ou d’eau de boisson. » 

Et plus l’exposition à ces composés est élevée, plus le risque de cancer colorectal l’est aussi.

L’Anses préconise donc de réduire l’exposition à ces substances. Comment ? En limitant la voie alimentaire. Plusieurs leviers ont été identifiés, en particulier en diminuant le recours aux additifs nitrités dans la charcuterie, dont la consommation représente plus de la moitié de l'exposition à ces additifs.

Réduire l'exposition aux nitrites... mais sans bactéries

Désormais, l'Anses considère que l’ajout intentionnel de nitrites et de nitrates dans l’alimentation doit se faire dans une approche « aussi bas que raisonnablement possible ». Il est temps que les autorités revisent les seuils de nitrites et nitrates autorisés.

Mais attention, il faudra garantir la sécurité bactérienne par d'autres moyens. Car si l'on utilise des nitrites et nitrates dans la viande transformée, c'est aussi pour limiter le développement de bactéries à l’origine de maladies alimentaires (salmonellose, listeriose, botulisme).

Diminuer les additifs pour réduire le risque de cancer ne doit pas ouvrir la porte à une vague de toxi-infections. C'est exactement le principe de précaution que nous revendiquons

Les différents additifs et leurs fonctions

Des mesures en fonction des aliments.

Les mesures devront être adaptées à chaque catégorie de produits. Par exemple, pour le jambon cuit, la réduction des nitrites pourrait s’accompagner d'une date limite de consommation moins longue. Pour le jambon sec, cela supposerait un contrôle strict du taux de sel et de la température au cours des différentes étapes de fabrication.

« Sans nitrites » ? Attention aux pièges du marketing

Par ailleurs, l'Anses rappelle que les extraits végétaux ou bouillons de légumes utilisés comme substituts aux additifs nitrés ne « constituent pas une réelle alternative dans la mesure où ils contiennent naturellement des nitrates qui, sous l’effet de bactéries, sont convertis en nitrites ». Ces produits sans nitrites ajoutés ne permettent donc pas une diminution réelle de l’exposition du consommateur aux nitrites. Ce que nous dénonçons également depuis longtemps.

Combien de charcuterie peut-on encore manger ?

Face au risque avéré de cancer colorectal, l'Anses recommande de ne pas dépasser 150 g de charcuterie par semaine. Un seuil bien plus généreux que le nôtre, puisqu'en Belgique, on recommande un maximum de 30 g de charcuterie/viande transformée par semaine.

Faites notre quiz et découvrez combien de jambon, salami ou saucisson ces 30 g représentent:

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