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Dossier

Douleur thoracique

01 février 2016
Douleur thoracique

01 février 2016

Une douleur à la poitrine n’est pas toujours annonciatrice de problèmes graves. Toutefois, il ne faut jamais la négliger. Surtout si celle-ci est intense et s’accompagne d’autres symptômes comme des vertiges ou des difficultés respiratoires.

Une admission aux urgences sur quatre dans les pays occidentaux se fait pour cause de douleur à la poitrine. Les médecins savent qu’elle n’est pas toujours annonciatrice d’un problème grave, mais le patient, lui, s’attend toujours au pire. Une douleur intense, parfois soudaine, au niveau de la cage thoracique, la respiration qui se fait éventuellement plus difficile… On pense de suite à l’infarctus ou, en tout cas, à un problème cardiaque.

Faut-il pour autant se rendre immédiatement aux urgences ? Cela peut être utile, car en cas de problème Grave, la vitesse d’intervention d’une équipe médicale est essentielle. Dans bien des cas, cette douleur n’a rien à voir avec un problème cardiaque. Petit tour d’horizon des problèmes possibles.

Quand c’est l’artère qui lâche

L'aorte est l'artère principale, qui reçoit le sang du cœur et la distribue dans l’ensemble du corps (sauf les poumons). Sa paroi est épaisse et constituée de 3 feuillets. La dissection aortique est la rupture de la paroi interne. Cette rupture provoque un afflux de sang contre la paroi intermédiaire. Dans ce cas, le sang poussé par la pression artérielle s’insinue entre les parois, au risque, entre autres, de rompre la paroi externe et de provoquer une hémorragie interne. Ce problème est très rade, mais particulièrement grave. Il peut résulter tant d’une hypertension artérielle mal contrôlée que d’un accident.

Les symptômes se composent d’une douleur intense dans la poitrine et le dos, des gênes respiratoires ainsi qu’une perte de conscience.

Les poumons sont malades

La plèvre, membrane qui entoure les poumons, peut développer une inflammation. Une telle pleurésie peut avoir diverses origines, parmi lesquelles la pneumonie. Les symptômes sont une douleur brutale localisée dans une partie de la cage thoracique, une sensation de poids sur la poitrine, de la fièvre, des quintes de toux sèche. La douleur peut varier lorsque le patient change de position et s’aggrave dès qu’il tousse ou respire.

Par ailleurs, il peut être question d’embolie pulmonaire. Celle-ci est due à un caillot circulant dans le système sanguin et allant se loger dans une ramification pulmonaire qu’il obstrue.

Cette fois, c’est le tissu du poumon qui n’est plus irrigué et se nécrose. L’embolie pulmonaire est fréquente. Elle peut être mortelle et demande une prise en charge immédiate. Les symptômes sont une douleur soudaine et intense, qui empire à l’inspiration ou à la toux. Parmi les signes de l’embolie pulmonaire, citons l’essoufflement, le crachat de sang et les palpitations.

Certaines autres maladies pulmonaires, comme l’hypertension artérielle pulmonaire (hypertension anormale dans les vaisseaux pulmonaires) et le pneumothorax (présence d’air dans la plèvre avec collapsus du poumon), provoquent des douleurs semblables à l’infarctus.

Quand les problèmes gastro-intestinaux se rappellent à votre bon souvenir

Les sucs gastriques (acides) sécrétés par l’estomac peuvent remonter dans l’œsophage et provoquer douleur et inflammation. En temps normal, le sphincter situé entre l’œsophage et l’estomac se relâche uniquement quand on mange ou pour laisser passer l’air ingéré. En cas de dysfonctionnement de ce muscle, il se relâche à d’autres moments et laisse remonter le liquide gastrique. Le reflux gastro-oesophagien, ainsi qu’un ulcère peuvent notamment occasionner une sensation de brûlure douloureuse sous le sternum, parfois accompagnée de régurgitations.

La colique hépatique entraîne une obstruction des voies biliaires. La douleur apparaît brusquement et peut être intense avec des impressions d’étau, de crampe ou de déchirure. La douleur irradie parfois vers le dos et peut s’accompagner de nausées ou de vomissements. La douleur peut également bloquer la respiration profonde.

Et si c’étaient les muscles et les côtes ?

Les muscles et les côtes peuvent également être objet de douleurs intenses. Songez aux côtes brisées ou à un nerf coincé, à une costochondrite (inflammation du cartilage des côtes), une douleur musculaire aiguë ou à des problèmes chroniques comme l’arthrose ou la fibromyalgie.

Une attaque de panique est une forme d’anxiété qui donne lieu à une intense douleur thoracique. Selon les sources, de 10 à 20 % des admissions aux urgences pour une douleur thoracique y sont liées. Cette douleur est souvent accompagnée d’angoisse, de palpitations, d’accélération de la respiration et d’une transpiration excessive.

Écouter son corps

Quand on souffre de douleur dans la poitrine, déterminer soi-même s’il s’agit d’un problème cardiaque est difficile. Surtout si c’est la première fois. En cas de douleur thoracique

  • D’une durée de plus de 20 minutes ou se répétant toutes les heures ;
  • et/ou si la douleur irradie vers la gorge, les mâchoires, les bras ou les épaules ;
  • et/ou si la douleur provoque un malaise général, une transpiration, un essoufflement et/ou un vertige ;

Appelez le 112 ou votre médecin (s’il peut être plus rapidement sur place).

Les facteurs qui augmentent le risque sont l’âge, le tabagisme, le surpoids, l’hypertension, un taux de cholestérol trop élevé, une alimentation riche en graisses saturées, le diabète, les antécédents familiaux de problèmes cardiaques, le manque d’exercices physiques, des antécédents d’attaque ou de chirurgie cardiaque ou la présence d’une angine de poitrine.

Attention : l’absence de facteurs de risque n’exclut pas pour autant l’infarctus.


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