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Additifs alimentaires : des liens suggérés avec le cancer et le diabète

Les résultats de deux grandes études scientifiques françaises révèlent un lien entre la consommation élevée de certains additifs alimentaires et une augmentation des risques de cancer et de diabète de type 2. Ces travaux s’appuient sur les données détaillées de plus de 100 000 adultes suivis dans la cohorte NutriNet-Santé entre 2009 et 2023 et relancent le débat sur la sécurité de ces substances utilisées dans l’industrie agroalimentaire.  

Expertise:
Rédaction:
13 janvier 2026
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Quels additifs sont concernés ?

Les additifs concernés appartiennent essentiellement à la famille des conservateurs codifiés entre E200 et E399, présents dans de nombreux aliments industriels. Parmi les additifs étudiés, figurent : 

  • Les sorbates (E200, E202, E203) 
  • Le métabisulfite de potassium (E224) 
  • Le nitrite de sodium (E250) 
  • Le nitrate de potassium (E252) 
  • L’acide acétique (E260)
  • Le erythorbate de sodium (E316) 

Ces additifs se retrouvent notamment dans la charcuterie, les plats préparés, les sauces, les desserts lactés ou encore certaines boissons industrielles et alcooliques

Ces substances sont utilisées pour prolonger la durée de vie des produits, mais selon les chercheurs, elles pourraient aussi interagir avec certains mécanismes biologiques chez l’humain. 

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Une augmentation des risques pour la santé

Incidence accrue de cancer 

Dans l’une des publications (parue dans The BMJ), une consommation plus élevée de conservateurs non-antioxydants est associée à une incidence accrue de cancer, par exemple : 

  • Une consommation plus haute de sorbates est associée à une augmentation de 11.8 à 13.4 cas de cancer pour chaque 100 personnes suivies, soit une hausse relative de 14 % du risque global

  • Une consommation plus haute de sodium nitrite est lié à une hausse de 3.4 à 4.2 cas de cancer de la prostate pour chaque 100 personnes, soit une augmentation relative de 32 % du risque

  • Une consommation plus haute de sulfites est liée à une hausse de 11.9 à 13.4 cas de cancer pour chaque 100 personnes, soit +12 % de risque global lié aux sulfites. 

Il est important de souligner que seule une association a été observée, sans preuve de lien de causalité. Les auteurs soulignent prudemment les limites des études d’observation.  Même en tenant compte de facteurs sociodémographiques, anthropométriques, mode de vie et alimentaires, il peut rester d'autres facteurs qui influencent les résultats

Hausse du risque de diabète de type 2 

L’autre étude, publiée dans Nature Communications, montre qu’une forte exposition à une douzaine d’additifs conservateurs est corrélée à une hausse significative du risque de diabète de type 2. L’association est observée tant pour les conservateurs non-antioxydants que pour certains antioxydants. 

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Comment les chercheurs ont procédé

Pour mettre en lumière cette corrélation, les scientifiques ont analysé les habitudes alimentaires de plus de 100 000 adultes suivis depuis 2009 dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé. Les participants ont renseigné à intervalles réguliers leurs consommations sur plusieurs journées complètes : types de produits, marques, préparation, ainsi que leur état de santé et leur mode de vie (tabac, alcool, activité physique, données sociodémographiques). 

Les chercheurs ont ensuite croisé ces données avec des bases alimentaires dont Open Food Facts, Oqali et les données de l’EFSA, pour estimer l’exposition réelle à chaque additif et la relier à l’apparition de maladies chroniques.  Vers le haut de la page

Une alerte qui interroge les réglementations

Bien que les auteurs appellent à confirmer ces résultats dans d’autres travaux, ils soulignent la cohérence des données avec des effets expérimentaux déjà observés sur les cellules ou chez l’animal. Selon eux, ces nouvelles preuves justifient une réévaluation de la sécurité de ces additifs alimentaires.  

En Europe, c’est l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui est chargée d’examiner les risques sanitaires liés à ces substances et de fixer, le cas échéant, des doses journalières admissibles. Les travaux publiés suggèrent que les limites en vigueur pourraient ne plus être pleinement adaptées à la lumière des données disponibles.  Vers le haut de la page

Que peut faire le consommateur ?

Dans la pratique, mieux vaut privilégier les aliments peu transformés et limiter les produits ultratransformés, plus susceptibles de contenir ce type d’additifs.

Pour rester en bonne santé, il est recommandé de suivre les conseils du Haut Conseil de la Santé Publique. Celui-ci recommande notamment de limiter la consommation de charcuterie (qui contient souvent des nitrites) à un maximum de 30 g par semaine et encourage à ne pas consommer de boissons alcoolisées (qui contiennent souvent des sulfites). 

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