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Voici l’effet de l’alcool sur notre santé

03 février 2022
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Que se passe-t-il exactement dans notre corps lorsque nous buvons ? Combien de calories représente un verre ? Quand l’alcool devient-il problématique, voire même une dépendance ? Vous trouverez toutes les réponses dans ce dossier. Et si vous souhaitez diminuer votre consommation d’alcool après toutes ces informations, nous vous expliquons aussi comment faire.

Bombes caloriques

Bien que la consommation d’alcool puisse mener à une diminution de l’appétit et même, à terme, à la sous-alimentation (les alcooliques souffrent souvent de lourdes carences nutritionnelles), il est communément admis que l’alcool fait grossir. Le nombre de calories contenues dans un verre est pourtant bien trop souvent sous-estimé. La mention de la valeur nutritive a beau devoir figurer sur l’étiquette de la plupart des aliments depuis 2014, les boissons alcoolisées échappent à cette obligation. 

La Commission européenne a publié son plan d’action de lutte contre le cancer en février 2021. L’une des principales promesses concerne la proposition d’obligation de mentionner la liste des ingrédients et les valeurs nutritives sur les étiquettes des boissons alcoolisées d’ici fin 2022. Nous soutenons cette idée, car au vu des nombreux cas actuels de surpoids et d’obésité en Europe, l’information concernant la valeur nutritive devrait être un instrument crucial pour aider le consommateur à faire des choix conscients et sains en grande surface. 

Pour l’instant, il n’est pas obligatoire de mentionner la teneur en calories et en sucres par 100 ml des boissons alcoolisées. Ces chiffres ne sont toutefois pas anodins en matière de prise de calories, étant donné que l’alcool contient près de 7 calories par gramme. À titre de comparaison : le gras comprend 9 calories par gramme. Par ailleurs, l’alcool n’est pas le seul à influencer la teneur calorifique d’une boisson alcoolisée. Les ingrédients utilisés lors du processus de production, tels que le sucre, le blé, l'orge et les raisins, y participent aussi. Les premix facilement accessibles en grande surface peuvent dès lors aussi faire monter la teneur calorique en flèche. 

Voici un aperçu par type de boisson avec la moyenne en kilocalories (pour une quantité standard) et l’équivalent en morceaux de sucre.

 

 

Quand on voit la quantité de carrés de sucres présent dans un verre, rien d’étonnant que les boissons alcoolisées soient situées au sommet de la pyramide alimentaire FR. Elles font partie de la catégorie des “non indispensables” au même titre que les produits gras, sucrés et/ou salés, viandes transformées et boissons sucrées. Elles doivent être consommées en petite quantité.

La pyramide alimentaire NL, elle, est divisée en trois catégories. Les couleurs des différentes parties reflètent les effets prouvés sur la santé. Les boissons alcoolisées font partie de la catégorie rouge qui est complètement séparée du triangle. Cette catégorie comprend également les produits hautement transformés auxquels on a ajouté beaucoup de sucres, de graisses et/ou de sel et dont l'effet néfaste sur la santé a été démontré (produits carnés préparés, sodas, sucreries, gâteaux, snacks, fast-food, etc.). Ils sont superflus dans une alimentation saine. Il est préférable de les manger ou de les boire de façon occasionnel et en petites quantités. 

Enfin, des recherches démontrent par ailleurs que le corps des grands buveurs brûle moins de graisses. Il considère que brûler l’alcool est « plus urgent » que brûler votre repas. Ce qui engendre une accumulation des matières grasses excédentaires, la plupart du temps au-dessus de la ceinture abdominale. En outre, les grands buveurs bougent souvent moins, ce qui participe également à la prise de poids.
Cela représente un danger supplémentaire, étant donné que le surpoids augmente le risque d’un grand nombre d’autres affections parmi lesquelles les maladies cardiaques, une augmentation de la tension artérielle, des accidents vasculaires cérébraux, des maladies des voies respiratoires, de l’arthrite et certaines formes de cancer.

 

Nos exigences
Les boissons alcoolisées sont actuellement dispensées de l'obligation de fournir un étiquetage nutritionnel. Par conséquent, nous considérons que cette exemption est inacceptable du point de vue du consommateur. 

Les informations nutritionnelles doivent être fournies à la fois par 100 ml et par portion. De plus, une déclaration nutritionnelle complète (pas seulement les calories/énergie) ainsi que la liste des ingrédients doivent figurer sur l'emballage. 

L'industrie de l'alcool devrait être en mesure d'informer les consommateurs si leur produit contient l'un des allergènes les plus courants. Cependant, comme ils ne sont pas obligés de fournir d'informations sur les ingrédients, les consommateurs allergiques à des substances moins courantes ne peuvent actuellement pas savoir, à partir de l'étiquette, si un produit alcoolisé peut contenir un tel allergène. Il est donc particulièrement important que ces informations d'étiquetage soient immédiatement disponibles pour le consommateur.  

Comme le recommande le Conseil Supérieur de la Santé, le nombre d'unités standard d'alcool contenues devrait également être indiqué sur l'emballage.