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Voici l’effet de l’alcool sur notre santé

03 février 2022
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Que se passe-t-il exactement dans notre corps lorsque nous buvons ? Combien de calories représente un verre ? Quand l’alcool devient-il problématique, voire même une dépendance ? Vous trouverez toutes les réponses dans ce dossier. Et si vous souhaitez diminuer votre consommation d’alcool après toutes ces informations, nous vous expliquons aussi comment faire.

Voici ce qui se passe dans votre corps lorsque vous buvez

L’alcool passe par la bouche, la gorge et l’œsophage avant d’atterrir dans l’estomac. La majorité de l’alcool passe dans le sang sous forme pure par le biais des parois stomacale et intestinale, avant de se propager très rapidement dans le reste du corps (y compris le cerveau et les poumons). Nous n’en ressentons les effets que lorsqu’il atteint le cerveau. Ce qui arrive déjà au bout d’une dizaine de minutes. La concentration d’alcool dans le sang est au plus haut après 45 minutes. Cette concentration ne fera qu’augmenter si vous continuez à boire.

Le corps entame la décomposition de l’alcool dès qu’il en absorbe. Le foie fournit le plus gros du travail : environ 90 % de l’alcool est décomposé par le foie et transformé en d’autres substances. Cette transformation s’opère graduellement (c’est pourquoi le corps peut garder des traces d’alcool pendant des heures) et en plusieurs étapes.
En premier lieu, l’éthanol (appellation scientifique de l’alcool) est transformé par l’enzyme hépatique déshydrogénase en acétaldéhyde toxique. Il est à son tour transformé en acide acétique qui n’est pas dommageable pour notre corps. L’acide acétique est enfin décomposé en dioxyde de carbone et en eau, qui sont éliminés par nos urines.
Les 10 % d’alcool restant sont éliminés par l’expiration d’air, la transpiration et la salive. Ce qui explique pourquoi il est possible de mesurer approximativement la quantité d’alcool contenu dans notre sang à l'aide d'un éthylotest.

Quels sont les effets de l’alcool sur notre corps ?

L’alcool présent dans le flux sanguin se répand à travers l’ensemble du corps, dont le cerveau, les poumons et le foie. Ce qui peut avoir de très nombreuses conséquences :

 
À tous les niveaux
  • Diminution de la maîtrise de soi, de l’inhibition et des capacités de concentration ; 
  • Troubles de la mémoire (comme le fameux « black-out »), de la motricité et de la coordination ; 
  • Augmentation de l’activité cardiaque ; 
  • Accélération de la respiration ; 
  • Irritation de la muqueuse gastrique. L’intestin sécrète de l’acide lorsque nous consommons une petite quantité d’alcool. La sécrétion de la pepsine, une enzyme digestive, diminue au fur et à mesure que le taux d’alcool augmente dans le sang, ce qui peut entraîner une irritation des parois intestinale et stomacale, des nausées, des vomissements ou une diarrhée. 
  • Diminution de l’hormone antidiurétique. De fait, l’alcool a un effet diurétique : les reins n’extraient plus suffisamment d’eau des urines et le corps élimine plus d’eau qu’il n’en assimile, provoquant une déshydratation qui pousse notre corps à aller puiser l’eau dans d’autres organes (comme le cerveau), ce qui provoque maux de tête et fatigue. 
  • Dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui déclenche le rougissement des joues, une perte de chaleur et donc une chute de la température corporelle. Contrairement aux idées reçues, consommer de l’alcool pour se réchauffer quand il fait très froid est donc dangereux. 
  • Boire une grande quantité en peu de temps (« alcoolisation massive ») peut entraîner une intoxication alcoolique : vous pouvez perdre conscience, voire tomber dans le coma. Ou être victime d’un arrêt respiratoire ou cardiaque. Chez les jeunes ou les personnes peu habituées à boire beaucoup, l’intoxication alcoolique peut se produire plus rapidement.
  • À long terme, le foie est l’organe souffrant le plus d’une consommation d’alcool abusive. Ces dommages au foie peuvent entraîner une stéatose hépatique (maladie du foie gras), une hépatite, une cirrhose alcoolique et un cancer du foie. 

La consommation excessive d’alcool touche également d’autres organes, comme l’œsophage, le tube digestif et le pancréas. Elle augmente aussi les risques d’apparition de maladies cardio-vasculaires, ainsi que différentes formes de cancer, dont le cancer du sein chez les femmes. Enfin, elle entraîne également des dommages fonctionnels au système nerveux et au cerveau.

 

Pourquoi certaines personnes tiennent-elles mieux l’alcool ?

L’effet provoqué par l’alcool diffère d’une personne à l’autre. Toutefois, ces effets peuvent tout autant varier d’un jour à l’autre chez une même personne : le nombre de verres bus, le type d’alcool, la vitesse d’ingestion, le poids et la composition corporels, vos habitudes de consommation (solitaire ou en groupe), votre état d’esprit du moment, la fatigue, le stress, la condition physique, si vous avez mangé ou non, tout cela a une influence.

L’alcool passe plus rapidement dans le sang des femmes, des jeunes et des personnes âgées. Les femmes sont en effet en moyenne plus petites et légères que les hommes, tout en ayant plus de tissu adipeux qui, contrairement aux muscles, contient peu d’eau. Moins vous avez d’eau corporelle, plus la concentration d’alcool dans votre sang sera élevée. La mesure dans laquelle l’estomac et le foie peuvent transformer l’alcool est aussi particulièrement déterminante. Les personnes âgées et les femmes semblent en effet moins bien métaboliser l’alcool, par exemple.

L’alcool est éliminé au rythme d’environ 0,1 à 0,25 pour mille par heure, indépendamment du poids et du sexe. Vulgairement parlant, cela revient à environ un verre standard toutes les heures et demi. Les buveurs réguliers ou invétérés éliminent en général plus rapidement l’alcool parce qu’ils ont développé une tolérance. L’ethnicité peut à son tour avoir une influence. De nombreuses personnes d’origine asiatique, par exemple, présentent une anomalie héréditaire (à savoir un niveau réduit de l’enzyme acétaldéhyde déshydrogénase) qui ralentit l’élimination de l’alcool.

Contrairement aux croyances populaires, il n’existe aucune astuce pour stimuler l’élimination et donc redevenir sobre plus rapidement. Vous aurez beau boire du café, prendre une douche froide, bouger beaucoup ou prendre l’air, cela n’aura absolument aucun impact sur votre état d’ébriété ou votre gueule de bois. Vous vous sentirez plus sobre sur le coup, mais la quantité d’alcool dans votre sang n’aura pas changé d’un iota.

Le foie fonctionne en effet à un rythme constant (une heure et demie par verre standard, donc). Si vous buvez plus vite que votre corps ne peut éliminer l’alcool, de l’éthanol continuera à circuler dans votre corps, ce qui peut endommager les tissus. Les « pilules de dégrisement » vendues en ligne sont des miroirs aux alouettes qui ne feront que dégriser votre portefeuille.