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Dossier

La maladie d'Alzheimer: Les traitements

11 février 2019
Alzheimer

Comment guérir de la maladie d’Alzheimer ? Quels sont les traitements ?

Les traitements

Aucun traitement ne permet à l'heure actuelle de guérir de la maladie d'Alzheimer ou de stopper son évolution. Il est toutefois possible d'atténuer certains symptômes et de créer un environnement sécurisé.

Les traitements médicamenteux

Même si les études scientifiques progressent, il n’y a à ce jour aucun traitement efficace contre l’Alzheimer. La marge de manœuvre du médecin se situe donc plutôt du côté de la gestion/atténuation des symptômes via des traitements agissant sur la mémoire et les troubles du comportement. 
Deux classes de médicaments contre l’Alzheimer sont actuellement utilisées: les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase (donépézil, galantamine et rivastigmine) et les antagonistes des récepteurs de l'acide N-méthyl-D-aspartique (mémantine).

Les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase

L’acétylcholine est un neuromédiateur dont l’un des rôles est de permettre aux cellules nerveuses (les neurones) de communiquer entre elles. L’acétylcholinestérase est un composant intervenant dans la dégradation de l’acétylcholine. Un inhibiteur de l’acétylcholinestérase a pour action de ralentir cette dégradation et de maintenir un taux d’acétylcholine suffisant. On espère ainsi non pas guérir de la maladie d’Alzheimer mais au moins freiner la dégradation de la cognition (pensée, raisonnement). 

De fait, on constate chez quelques patients une petite amélioration de la cognition, mais sans aucune certitude sur le fait que ce traitement pourrait, à long terme, avoir un impact tel que l’on pourra maintenir plus longtemps le niveau d’activités de la vie quotidienne ou retarder le besoin de soins infirmiers, voire l’admission en maison de repos et de soins.

Par contre, ces médicaments contre l’Alzheimer présentent certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, perte d'appétit, crampes musculaires, insomnies et cauchemars.

La mémantine

Cette substance est parfois utilisée en combinaison avec un inhibiteur de la cholinestérase chez les patients au stade avancé de la maladie. Pour les formes d'Alzheimer modérées à graves, la mémantine peut avoir un effet limité sur la cognition, le comportement et la capacité à poursuivre des activités de la vie quotidienne. Malheureusement, les études d’évaluation des effets de ce traitement médicamenteux restent à ce jour limitées à cause d’un taux d’abandon élevé. Et les avantages identifiés, même s’ils sont statistiquement significatifs, restent de faible importance.

D'autres pistes ? 

D'autres pistes sont aussi évoquées dans le cas de la maladie d'Alzheimer, comme le ginkgo biloba, la curcumine, les statines, les anti-inflammatoires, la vitamine B et les acides gras oméga 3. Leur efficacité n'a toutefois pas encore été démontrée par de sérieuses études scientifiques. 

Les remboursements

  • Les inhibiteurs de la cholinestérase sont remboursés pour les patients présentant une forme légère à modérée de maladie d’Alzheimer, pour peu que le diagnostic soit confirmé par un (neuro) psychiatre, un gériatre ou un neurologue et qu’il n’y ait aucune autre maladie à l’origine de la démence. 
  • Le remboursement de la mémantine a été supprimé pour les formes sévères d’Alzheimer. Pour l’instant, un remboursement n’est possible que si la prise se fait en association avec un inhibiteur de la cholinestérase pour les formes modérées d'Alzheimer.

Toutefois, le comité des assurances, un comité au sein de l'Institut national d'assurance maladie invalidité (Inami) composé de représentants de médecins et de caisses d'assurance maladie, a proposé de mettre fin au remboursement de ces médicaments à compter du premier juillet 2020. Cette mesure ne s'appliquerait qu'aux nouveaux patients. Les patients prenant actuellement des médicaments et recevant un remboursement pourraient continuer à en bénéficier. 

Les traitements non médicamenteux

Outre les médicaments, certaines interventions non médicamenteuses permettent de lutter contre le déclin cognitif et les troubles du comportement. La liste ci-dessous n'est pas exhaustive.

La stimulation cognitive

On entend par là jouer, écouter de la musique, participer à des activités de groupe... Toutes des activités qui visent à stimuler le fonctionnement cognitif général et le fonctionnement social. Plusieurs études récentes ont démontré que la stimulation cognitive pouvait avoir un effet positif sur les capacités cognitives et sur la qualité de vie des patients.

Une précision importante : une stimulation cognitive n'est pas un entraînement cognitif. Le grand public a tendance à confondre les deux termes. Ce dernier est constitué d'exercices ciblés, de difficulté variable, pour stimuler des fonctions cognitives spécifiques (par exemple, la mémoire et la concentration).  Il peut s'agir d'exercices sur papier ou sur ordinateur, par exemple. 

L'activité physique

D'après plusieurs études, un programme d'activités physiques (l'idéal est 30 minutes par jour) améliore la condition du patient atteint de la maladie d'Alzheimer, ou à tout le moins ralentit son déclin fonctionnel. Il n'aurait toutefois aucun impact sur les capacités cognitives des personnes atteintes de démence. 

La stimulation sensorielle

Le "snoezelen" est une stimulation multisensorielle, qui fait travailler les cinq sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goût), en recourant entre autres à des jeux de lumière, des dalles "tactiles", de la musique méditative et l'aromathérapie, le tout dans des espaces séparés, confortables et sécurisés. 

Le but est d'apaiser le patient en stimulant ses sens. Cette approche est généralement réservée aux stades avancés de la maladie. 

Cette prise en charge semble porter ses fruits dans certains cas mais aucune étude sérieuse sur le sujet n'a été menée pour l'instant.  

Les massages

Le toucher est un élément fondamental. Le massage et le toucher semblent efficaces dans la gestion immédiate des comportements agités et permettraient également d'aider le malade à s'alimenter correctement.

Autre piste : les ateliers de réminiscence, qui ont pour objectif de susciter des souvenirs par l’évocation du passé, la projection de films, l’écoute de musique, etc. D'après certaines études, ces ateliers auraient un effet positif entre autres sur la qualité de vie et sur le moral du patient, même si ce n'est pas entièrement démontré.

La musicothérapie est parfois recommandée aux patients atteints de démence. De quoi s'agit-il ? Ces séances, en groupe ou individuelle, se concentrent sur la pratique du chant, d'un instrument de musique, l'écoute et l'improvisation. D'après de récentes études, un patient traité pour démence qui suivrait au moins 5 séances de musicothérapie présenterait moins de symptômes dépressifs et obtiendrait de meilleurs résultats à la fin de son traitement. 

Il existe aussi diverses formations et groupes de soutien pour les aidants proches.