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Sprays nasaux contre le nez bouché : efficaces, mais pas sans risques

L’hiver est bien installé et apporte avec lui son lot de rhumes et de nez bouchés. Une belle opportunité pour les firmes pharmaceutiques de promouvoir leurs sprays nasaux comme une solution rapide et efficace. Pourtant leur utilisation n’est pas anodine en cas de mauvais usage ou d’utilisation prolongé. On vous explique. 

Expertise:
Rédaction:
17 janvier 2026

Publicités pour les sprays nasaux : pourquoi rester prudent ?

Nesivine, Otrivine, Rhinospray : difficile d’échapper aux spots publicitaires pour sprays nasaux recommandés en cas de nez bouchés dès que les premiers froids arrivent. Ces produits sont présentés comme de simples sprays nasaux sûrs et rapides, dont l’effet dure longtemps en cas de nez bouchés. 

En revanche, comme nous l’ont fait remarqué des consommateurs, les informations relatives aux conditions et limites d’utilisation sont absentes à l’oral. Les éventuels avertissements figurant à l’écran apparaissent en caractères très petits et disparaissent rapidement, ce qui ne permet pas au consommateur de les lire correctement.

Cette communication peut donner l’impression que ces produits sont inoffensifs et utilisables librement. Or, leur utilisation fréquente et prolongée n’est pas sans danger

 
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Les sprays nasaux décongestionnants ne sont pas des produits anodins

Comment fonctionnent les sprays nasaux contre le nez bouché ?

Les sprays nasaux utilisés contre le nez bouché contiennent des substances qui provoquent la constriction des vaisseaux sanguins dans votre nez, qui permet de respirer plus facilement. Concrètement, le gonflement de la muqueuse est réduit et la sensation de nez bouché diminue rapidement

Quels sont les risques liés à une utilisation prolongée ?

Si vous les utilisez fréquemment et sur une longue période, vous risquez une inflammation de la muqueuse nasale appelée « rhinite médicamenteuse » ainsi qu’un « effet rebond » lorsque vous arrêtez d'utiliser le spray nasal.

En clair, vous souffrez encore davantage d’un nez bouché qu’avant, car la muqueuse nasale s’est enflammée à cause d’une utilisation excessive des sprays nasaux.

Que recommandent les notices et les lignes directrices officielles ?

En cas de nez bouché, toutes les recommandations officielles ainsi que les notices de ces médicaments conseillent de rincer le nez avec une solution saline en premier lieu.

L’utilisation d’un spray nasal n’est conseillée qu’en cas de symptômes persistants. Par ailleurs, elles mettent en garde contre une utilisation prolongée et recommandent de ne pas utiliser le spray plus de 5 jours. 

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Publicité et santé publique : un impact problématique

La publicité encourage ainsi l’automédication sans conseil médical ou pharmaceutique, ce qui représente un vrai risque pour la santé publique.

Plusieurs études montrent que la publicité pour ces médicaments entraîne une augmentation de leur consommation, mais aussi des cas d’utilisation problématique. Une publication de 2016 soulignait déjà que, à la suite d’une grande campagne publicitaire, une forte hausse du nombre d’utilisateurs de sprays nasaux avait été observée, ainsi qu’une augmentation des personnes souffrant de rhinite médicamenteuse.

Dans l’étude grecque citée, huit patients sur dix ont indiqué avoir commencé à utiliser un spray nasal uniquement après avoir vu une publicité, sans consulter médecin ou pharmacien.

Dépendance, complications et difficultés à arrêter : un problème sous-estimé

L’usage excessif peut mener à une forme de dépendance : lorsqu’on arrête le spray après une utilisation prolongée, les symptômes reviennent plus forts (effet rebond). Certaines personnes sont alors coincées dans un cercle vicieux d’utilisation quotidienne.

Dans plusieurs pays, ce phénomène est documenté. En Norvège, le nombre de personnes dépendantes aux décongestionnants nasaux est estimé à environ 700 000, soit près d’une personne sur huit. En Belgique, une étude a montré que la moitié des personnes souffrant de rhinites persistantes utilisaient ces sprays plus longtemps que recommandé.

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Notre avis sur les publicités pour médicaments en vente libre

Nous plaidons pour l’interdiction de la publicité grand public pour les médicaments en vente libre. Promouvoir l’usage rationnel des médicaments signifie qu’on ne doit pas traiter chaque plainte bénigne avec un médicament. Les spots publicitaires font l’inverse : ils poussent à consommer, augmentent le risque d’effets indésirables et alourdissent les coûts pour les patients.

Adapter la législation nationale et européenne

Une interdiction totale de la publicité nécessite une décision européenne. Tant que celle-ci n’existe pas, la législation nationale doit évoluer.

La commission des médicaments au sein de l’AFMPS devrait pouvoir interdire la publicité pour :

  • Les médicaments présentant un risque d’abus encouragé par la publicité
  • Les médicaments dont l’efficacité n’est pas scientifiquement démontrée
  • Les produits combinant plusieurs principes actifs sans valeur ajoutée, mais avec davantage d’effets indésirables

Action demandée auprès du FAGG : quelles mesures concrètes ?

Nous avons écrit à l’AFMPS (FAGG) pour demander l’interdiction de la publicité pour les sprays nasaux décongestionnants. À court terme, nous demandons au minimum que les avertissements essentiels soient clairement audibles et lisibles dans la publicité :

  • N’utiliser le spray que si le lavage au sérum physiologique ne suffit pas
  • Ne pas dépasser 5 jours d’utilisation consécutive
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Que faire en cas de nez bouché ? Les bons réflexes

En cas de nez bouché, le premier geste recommandé est le rinçage nasal avec une solution saline ou sérum physiologique. Cette méthode aide à décongestionner sans exposer à l’effet rebond ni à la rhinite médicamenteuse. C’est la première solution, avant tout médicament.

Les sprays décongestionnants peuvent être utilisés en second plan, uniquement si le lavage au sérum physiologique n’a pas suffi et pour une période très courte, qui ne doit pas excéder 5 jours. 

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