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Vaccins COVID-19 : un premier pas timide vers plus de transparence

19 janvier 2021

Ce 19 janvier, un débat a eu lieu au Parlement européen sur la stratégie de l'UE en matière de vaccination contre la COVID-19, et notamment la transparence des contrats d’achat des vaccins. CureVac a fait un premier pas en acceptant de divulguer partiellement son contrat. Nous demandons que le transparence soit totale, dans l’intérêt des citoyens.

Depuis plusieurs mois, nous avons soulevé les questions abordées au Parlement européen ce mardi, en particulier au sujet de la transparence du prix des vaccins.

En septembre dernier, nous avions déjà adressé une demande à la Ministre de la Santé (à l’époque, Maggie De Block) et à l’Agence des Médicaments pour obtenir une copie des contrats d’achat de vaccins négociés par la Commission européenne, ainsi qu’une copie de l’avis du comité spécial au sein de l’Agence des Médicaments qui doit conseiller la Belgique sur l’opportunité ou non d’acheter tel ou tel vaccin. La même demande avait ensuite été introduite auprès du Ministre Vandenbroucke. 

Refus catégorique

Nous nous sommes vu opposer un refus de la part de l’Agence des Médicaments, sans justification convaincante, et le Ministre Vandenbroucke ne s’est pas donné la peine de répondre. Nous avons dès lors saisi la Commission d’accès aux documents administratifs qui doit rendre un avis dans les prochains jours sur les motifs avancés par l’Agence des Médicaments pour justifier son refus.

Pourtant, malgré le tweet rapidement effacé de la Secrétaire d’Etat Eva de Bleeker en décembre dernier (qui détaillait le prix des vaccins précommandés par la Belgique), de nombreuses questions se posent encore sur la manière dont l'argent public a été dépensé pour combattre le coronavirus.

Nos questions

Pour l’acquisition des vaccins, la Commission européenne a mis sur la table pas moins de 2,7 milliards d'euros à titre de préinvestissement. Combien d'argent chaque entreprise a-t-elle reçu de ce programme ? Quant aux entreprises qui indiquent qu'elles fournissent les vaccins à prix coûtant : de quelle manière vont-elles apporter des éclaircissements sur leurs coûts réels?

On peut également se demander pendant combien de temps ces prix seront applicables, et si des accords ont été conclus sur la fixation ultérieure des tarifs. Qu’est-ce que les firmes ont mis en place pour s’assurer d’un approvisionnement continu et suffisant du marché, et quelles mesures ont-elles prévu en cas de problèmes de production par exemple ?

Sur le plan financier, qui sera responsable en cas d’effets secondaires qui ne sont pas encore connus au moment de la mise en œuvre du vaccin : les firmes ou les Etats ?  

Une transparence essentielle

Il ressort des débats de ce 19 janvier que la Commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, est favorable à une plus grande transparence. Malheureusement, elle n’a encore fait aucune proposition pour la concrétiser. Il a été rappelé que la Commission est liée par les clauses de confidentialité contenues dans les contrats, et qu’elle doit dès lors attendre "l’aval de l’entreprise" pour rendre publiques ces informations. 

CureVac a fait le premier pas en acceptant de divulguer son contrat avec la Commission, qui est désormais publié sur internet. Nous le félicitons pour cet effort de transparence mais regrettons que de nombreux éléments essentiels n'aient pas été mentionnés.

Pour nous, les choses sont claires : étant donné que les citoyens contribuent au développement, à la production et à l'achat de ces vaccins, une transparence pleine et entière est essentielle pour gagner la confiance de la population. Et cette confiance est indispensable à la stratégie de vaccination mise en place par les autorités.

Cet avis est partagé par 38 autres organisations dans toute l'Europe qui, dans une lettre commune, ont appelé la Commission et les États-membres à rendre transparents les contrats d’achats des vaccins.