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Se faire tester pour savoir si vous avez été infecté par le passé n'a pas beaucoup de sens

23 septembre 2020
testcorona

Vous souhaitez savoir si vous avez eu le coronavirus? C’est possible par le biais d’un test sérologique. Il est aussi possible depuis peu d’acheter des auto-tests. Leurs résultats ne sont toutefois pas très convaincants. Pour savoir si vous êtes actuellement infecté, un test moléculaire ou un test antigène est nécessaire.

Depuis le 19 septembre, il est possible de se procurer des auto-tests afin de déterminer si vous avez déjà été contaminé par l’actuel coronavirus, le SARS-CoV-2. Mais comment interpréter les résultats d’un tel test? Êtes-vous "à l'abri" si vous avez déjà contracté la maladie?

Se piquer soi-même et décrypter le résultat

Lors d’un test de détection d’anticorps ou test sérologique, du sang est prélevé pour déterminer si des anticorps contre le SARS-CoV-2 sont présents dans votre sang. 
Jusqu'à présent, le prélèvement sanguin était réalisé par un professionnel de la santé, et l'analyse ainsi que l'interprétation des résultats étaient effectuées dans un laboratoire. Depuis le 19 septembre, cependant, des auto-tests sérologiques sont aussi autorisés à la vente dans notre pays, ce qui ne nécessite plus l'intervention d'un agent de santé. Une piqûre au doigt vous donne une goutte de sang qu’il faut appliquer sur une sorte de bandelette de test. Après un certain temps, vous pouvez voir le résultat vous-même, comme pour un test de grossesse.

Le résultat ne vous apprend rien ou presque

Le résultat d'un tel test, qu'il s'agisse d'un test sérologique régulier ou d'un auto-test, vous indique si des anticorps contre le SARS-CoV-2 sont présents dans votre sang. Si tel est le cas, vous avez donc été contaminé. Mais c’est malheureusement tout ce que vous pouvez conclure d’un tel test. Le test n'indique pas si vous êtes actuellement infecté par le coronavirus : cela nécessite un test moléculaire ou un test d'antigène.

S’il ressort d'un test sérologique que vous n’avez pas d’anticorps, ce n’est en effet pas une garantie que vous n’avez pas contracté la maladie. Durant la première semaine des symptômes, il n’y a en effet pas encore suffisamment d’anticorps dans votre organisme pour qu’ils puissent être détectés par le biais de ce genre de test sérologique. En outre, nous ne savons pas avec certitude si des personnes contaminées qui n’ont (pratiquement) pas de symptômes produisent ou non des anticorps. 

Trop peu de connaissance des anticorps

S’il ressort du test que vous avez été contaminé, cela n’a en réalité que peu d’intérêt. Les scientifiques ignorent encore si et pendant combien de temps ces anticorps vous protègent contre une nouvelle infection. Ils se perdent encore en conjectures. Dans le cas du SARS-CoV-1 apparenté, les anticorps restent présents de 1 an à 2 ans dans le sang, mais là encore, nous ne savons pas si ces anticorps vous protègent d’une nouvelle infection. Nous ne savons pas non plus, à l'heure actuelle, si un lien existe entre la quantité d’anticorps dans votre sang et le degré de protection contre une réinfection au SARS-CoV-2.

Faux sentiment de sécurité

Un résultat positif d’un tel (auto-)test sérologique pourrait bien procurer un faux sentiment de sécurité à la personne qui se teste. Cette dernière pourrait penser ne plus pouvoir être contaminée et donc pouvoir prendre les mesures de sécurité à la légère, ce qui mettrait sa propre santé et celle des autres en danger. S’ajoute à cela le fait que le test sérologique n’indique pas du tout si vous êtes encore contagieux.

Actuellement, cela n'a aucun sens d'effectuer un (auto-)test sérologique s'il existe une suspicion de contamination au coronavirus. Si vous présentez des symptômes de Covid-19 ou avez récemment été en contact étroit avec une personne infectée, mettez-vous en quarantaine, observez les mesures d'hygiène nécessaires et contactez votre médecin pour obtenir des instructions supplémentaires.

Il est tout aussi illogique que les employeurs exigent que leur personnel subisse un tel (auto-)test sérologique avant de revenir au bureau. De même, cela n’a pas de sens d'avoir recours à des passeports d’immunité pour les touristes. Il n’existe en effet aucune preuve de cette immunité. 

Moins fiable

De plus, les résultats (positifs ou négatifs) d'un (auto-)test sérologique sont moins fiables que les résultats des tests sérologiques effectués en laboratoire. En effet, il y a plus de chances que vous obteniez un faux négatif ou un faux positif. Par exemple, un faux positif peut être le résultat d’un test qui a détecté des anticorps contre un type différent de coronavirus plutôt que contre le SARS-CoV-2. Par ailleurs, un résultat faussement négatif peut être dû à une présence trop faible d’anticorps dans le sang pour pouvoir les détecter.

Se faire tout de même tester?

Vous voulez tout de même savoir si vous avez ou non été contaminé, optez alors pour un test sérologique administré et interprété par un membre du personnel soignant. Un tel test est remboursé pour certaines personnes, principalement les patients affectés dont le diagnostic est douteux, et pour les collaborateurs actifs dans les soins de santé.

Pour pouvoir prétendre à ce remboursement (2 fois par semestre maximum), le test doit être prescrit par un médecin et satisfaire aux exigences de qualité de Sciensano. Actuellement, les tests sérologiques qui existent sur le marché sont légion, avec de grandes différences de qualité. Les résultats du test doivent également être rapportés à Sciensano. Les personnes qui se font tester sans nécessité clinique attestée n’ont toutefois pas droit à un remboursement.

Si vous souhaitez tout de même avoir recours à un auto-test, faites attention aux faux tests sur internet. Achetez votre test auprès d'une source fiable, comme chez un pharmacien, et vérifiez que l'emballage porte une étiquette CE. Sachez aussi qu’un label CE n’est pas nécessairement une garantie de fiabilité, car ces tests sont en fait des dispositifs médicaux et les règles de commercialisation qui les entourent sont extrêmement souples.